Là où tout a commencé pour Simple Minds

Simple Minds - Act Of LoveAlors oui, on vous entend railler, oui vous, au fond là, derrière l’écran. Simple Minds ? Et bien figurez-vous que les échanges que nous avons entre membres de la rédaction de Sun Burns Out ont déjà montré que les vétérans écossais pouvaient largement prétendre à être un de nos dénominateurs communs, bien que la période à retenir ne fasse, loin de là, pas vraiment l’objet d’un consensus. La nouvelle du jour a cependant de quoi remettre tout le monde autour de la table car, fidèles depuis des années à l’idée qu’en vieillissant, il faut se mettre à jour de son passé, Jim Kerr & Charlie Burchill continuent d’explorer leur propre histoire et ont sorti le 17 janvier un single one shot plutôt surprenant et inattendu.

Act Of Love est ni plus ni moins qu’une chanson inédite datant de 1978, titre d’ouverture de la démo qui permit au groupe de signer sur Zoom Records, jeune label post-punk d’Edimbourg monté par Bruce Finlay qui deviendra par la suite le manager du groupe à sa signature chez Virgin en 1981. C’était aussi le titre qui ouvrit leur tout premier set dans une vraie salle en juillet 1978 au Satellite à Glasgow, soit, de façon assez symbolique, la toute première chanson de Simple Minds que le public entendit. Elle devint à ce titre emblématique, comme un signe de ralliement pour leur jeune public ébahi, mais ne fut pas retenue, comme un grand nombre des titres que le groupe jouait à cette époque et l’on retrouve sur d’antiques cassettes bootleg, ni pour le premier album Life In A Day en mai 1979, ni même pour les faces B des premiers singles Chelsea Girl et Life In A Day sortis peu après. Le titre sortit rapidement de la setlist et tomba, comme on peut l’imaginer un sacré paquet d’autres, dans le tréfond de tiroirs à archives garnis de bandes magnétiques inédites.

1978 – 2022, un 44ème anniversaire (pourquoi pas ?) que le groupe entendait donc célébrer à travers cette réinterprétation à la fois pleine de nostalgie mais aussi remodelée aux canons actuels du groupe d’un titre hautement chargé émotionnellement. Mixé par Alan Moulder, l’architecte en chef du son indé britannique depuis des dizaines d’années, le titre entend fusionner l’énergie intacte d’un morceau écrit sous le sceau de la fougue d’une jeunesse post punk pleine d’espoir avec le désir, tout autant intact, qui pousse le groupe à vivre une cinquième décennie forcément compliquée avec le « 40th anniversary tour » interrompu et repoussé de nouvelles dates en nouvelles dates. Si on y reconnait bien l’écriture typique des premiers morceaux du groupe, ceux du premier album notamment, avec ses riffs nerveux et ses refrains scandés, le morceau est largement revigoré, pour ne pas dire bodybuildé, par des synthés d’envergures et, 44 ans plus tard, il livre des clés (connues) pour mieux comprendre les influences du groupe à l’époque, tourné à la fois vers la noirceur du Velvet Underground et le glam de Roxy Music. Petite coquetterie, Jim Kerr se permet d’adresser quelques vers supplémentaires au jeune chanteur plein d’ambition qu’il était déjà :

A born believer
Head full of plans
Got nothing to lose
So much to reveal


Act Of Love n’est pas prévu pour voir le jour autrement qu’en digital/streaming mais déjà, sur les réseaux, les fans s’empressent de réclamer un single pour un futur Record Store Day. Quand la nostalgie bat son plein.

PS : pour les archéologues du groupe et les plus curieux, la version démo de 1978 se trouve tout de même sur You Tube…

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2 Comments

  1. says: zimmy

    > la période à retenir ne fasse, loin de là, pas vraiment l’objet d’un consensus.

    Pourtant la période la plus fréquentable est celle qui culmine avec New Gold Dream. Ensuite, c’est l’Heroic Rock bouseux. Un peu comme U2, le melon messianique pris avec le succès a fait oublier qu’ils n’ont pas été les figures les moins novatrices du post-punk.

    1. says: Olivier

      C’est un commentaire assez définitif! Pourtant, entre les puristes pour qui New Gold Dream, c’est déjà « trop » et les fans hardcore qui gobent tout de Life In A Day à Walk Between Worlds, il y a sans doute un peu de place pour de la nuance. Sans compter qu’en 44 ans de carrière, chacun aura su se trouver sa petite madeleine indépassable. Quant à la comparaison avec U2, à part quelques accointances dans la première partie des années 1980 (Torhout Werchter 83 notamment, soit la période visiblement encore « fréquentable »), elle n’a pas vraiment lieu d’être et les écossais ont finalement assez vite remis les pieds sur terre via leur traversée du désert quand U2 plane encore à l’heure actuelle dans leur grandiloquence décadente.

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