Love Me… like a confetti : Tout de Suite a besoin d’amour

Tout de Suite - Parce que je ne croyais plus à l’amourOn a déjà dit tout le bien qu’on pensait de l’album des Tout de Suite, Parce que je ne croyais plus à l’amour. Aucune raison de se dédire à la présentation exclusive de ce nouveau clip, pour le radicalement stroboscopique Love Me, filmé en vidéo inversée par Flo Berthier. La chanson démarre comme du Brigitte Fontaine en mode faussement classique, avant de partir dans une vrille désespérée où l’Amour cet oiseau rebelle se transforme en une pocharde en robe de mariée. Le parcours est drôle, tragique et sert parfaitement l’urgence exprimée par le morceau, en même temps que son caractère désespérément débridé.

Love Me like a confetti, like a cornflake, like a… voici le programme d’une chanson qu’on croyait bêtement romantique et qui verse peu à peu dans la détresse. La musique de Tout de Suite, ici en version plutôt chaste au regard du programme hautement sexuel développé tout au long de l’album, ressemble à un mélange de Brigitte Fontaine, donc, d’Europop arrangée par Jean-Louis Costes et Alan Vega. Quel que soit le contenant, on est confronté immédiatement à une ironie mordante mais qui dissimule à peine la réclamation de tendresse et d’amour sauvage. Tout de Suite réclame autant des câlins que des sodomies, des caresses que du sexe à la sauvette. Cette folie renvoie à la froideur des temps modernes, à l’isolement et à l’indifférence, auxquels Tout de Suite oppose cette sacralisation du coït infernal, façon années 70, qui, à défaut d’être toujours glorieux, donne au moins le sentiment d’exister contre ou auprès de quelqu’un d’autre.

Avec sa rudesse musicale et son proto-punk électronique, Tout de Suite fournit la bande originale d’un film imaginaire où on tringle façon Street Trash pour se sortir de la mouise, tout en rendant un hommage fortuit à Michou et à son Bleu (mais non, mais non…). C’est la baise des gosses de riches, superficielle et imbécile, mais aussi celle des sans-dents, puissante et inconsciente. La baise à laquelle on s’accroche, parce qu’elle rend la vie meilleure et supportable. La baise comme un puits sans fond où il vaut mieux se noyer que de perdre pied.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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