Malory et son Métropole Blues peuvent-ils sauver la variété française ?

MaloryLa présentation situe le bonhomme dans le giron de l’indie pop mais le son ne trompe : les travaux de Malory, jeune prodige pop française, relèvent bien de la souvent médiocre et toujours décriée Variété française. Il faudrait être dingue ou suicidaire pour en faire état dans une feuille de presse au moment de lancer un jeune artiste mais Malory amène avec son Métropole Blues, une mixtape/album de onze titres, un vent frais sur les musiques faisandées de l’Hexagone.

Mélange entre un Daniel Darc rap, un Michel Berger new age (pour l’utilisation des claviers virevoltants), Laurent Voulzy (pour le mélange d’influences pop et le tropicalisme) et…. Début de Soirée, Malory propose un musique qui oscille entre la pop festive, majoritairement uptempo et colorée, et des connotations soul plus mélancoliques et retenues. Le cocktail ne décevra pas ceux qui aiment ce genre là, tant il est exécuté avec maestria, entrain et professionnalisme. Malory s’appuie assez souvent sur des voix de femmes pour doper sa sensualité, ce qui est le cas sur l’assez chouette single Morceaux de toi où les crédits vocaux sont partagés avec Yseult. L’ensemble sonne contemporain et est évidemment très marqué par les sonorités de l’époque, entre rap et Rnb, production sans aspérités, un univers que le jeune homme explore poliment et en prenant soin de ne pas se couper d’un public qui aime les choses plus traditionnelles, les textes soignés et le chant démasqué.

On peut danser sur cette musique, probablement faire l’amour si on aime ça ou si on est équipés pour. Dans ses meilleurs moments, la poésie de Malory ira chercher du côté d’un Christophe ou d’un Polnareff, gentiment mélancolique, mais en ayant toujours un œil sur le tempo et les possibilités de se remettre à danser. La dimension blues est assurée par une production assez old school et des effets soignés qui confèrent à l’ensemble un cachet indéniable. Si, par goût personnel, on n’y retournera qu’avec parcimonie, Malory présente une vraie alternative à la soupe ambiante. Rien que pour ça, il mérite d’être fréquenté et découvert.

Photo : Presse PIAS

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