Morrissey se marie avec Billie Joe Armstrong

Morrissey - Wedding Bell BluesBien ou pas bien : on est à deux doigts de lâcher l’affaire s’agissant du dernier album de Morrissey, tant cette affaire-là défie l’entendement. On passe sur l’imagerie camp de la pochette (sublime) et sur le clip de fan qui fait appel au Théorème, non moins sublime, de Pier Paolo Pasolini. Tout y est, à part les cloches elles-mêmes et les petits zozios pour célébrer enfin le mariage de Morrissey et de Billie Joe Armstrong, ci-devant chanteur de Green Day, le groupe le plus punk d’Amérique, et invité d’honneur de cette reprise écrite par la grande Laura Nyro, légende new-yorkaise morte il y a un peu plus de vingt ans, et grande fournisseuse de chansons pendant les grandes heures de la soul californienne pour The Fifth Dimension (ici), Blood Sweat and Tears ou encore Barbra Streisand (mon dieu).

Nous y sommes : le sommet de la pop est aussi un sommet kitsch. Morrissey comme Ray Davies dont on causait hier a fait son grand coming out américain, absorbé tout entier comme on se dissout dans l’acide par une certaine idée de la pop à paillettes, qui anéantit de fait tout ce qu’il a pu faire avant. The Smiths is Dead et la reine avec. Place à Vegas, Hollywood. Morrissey devient enfin Sinatra et Presley en même temps, Johnny Cash plus que David Johansen au final. Le pire est que tout ceci est très beau et très propre, très musical et splendidement chanté. On ne peut que céder aux sirènes du crooning, saisir l’harmonie au bond et s’élever jusqu’à célébrer l’artiste ou ce qu’il en reste. Johnny Marr serait parti pour moins que ça. Il reste Billie Joe Armstrong qui fait l’appoint de manière un peu branque aux côtés du Moz. Cela n’apporte rien et cela enlève peu. L’univers des petits copains est une nébuleuse qui n’a que peu d’importance. Morrissey vient d’annoncer une tournée américaine avec Interpol en première partie. C’est l’ogre qui dévore les enfants du voisin. Le temps passe et il ne reste que la voix. La voix surnaturelle et qui fait tout oublier. La voix, l’amour qu’elle prodigue, les promesses et la frustration qu’elle exprime. Tout est là et il n’y a plus que ça. Il faut se souvenir de ce que Morrissey chantait hier pour comprendre dans quel cirque nous sommes embarqués. Il faut se souvenir de Manchester, de Thatcher et de l’Angleterre pour savoir que les chansons de maintenant ne servent à rien. Do you want to marry me ?  Morrissey est devenue la grosse dondon de William It Was Really Nothing.

Bill I love you so
I always will
I look at you and see
the passion eyes of May
Oh but am I ever gonna see
my wedding day?
Oh I was on your side Bill
when you were losin’
I’d never scheme or lie Bill
There’s been no foolin’
but kisses and love won’t carry me
till you marry me Bill

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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