Nouvelles chansons : The Cure alone in Riga joue avec la fin du monde

The Cure Tour 2022L’histoire retiendra (ou pas) que c’est à Riga (capitale de la Lettonie) que Robert Smith et ses Cure auront joué pour la première fois les deux premiers morceaux de leur futur album Songs of A Lost World, dont la date de sortie n’a elle-même pas été révélée. Avec Perry Bamonte de nouveau intégré au groupe, les Cure ont placé les nouveaux titres, Alone et Endsong, à l’ouverture et à la conclusion du set principal, avant de revenir comme à leur habitude pour deux rappels roboratifs. Les concerts sur cette tournée semblent légèrement moins longs que sur la précédente mais la setlist compte tout de même une petite trentaine de titres.

Évidemment les deux nouveaux titres ont recueilli beaucoup d’attention et déclenché de nombreux commentaires. L’un comme l’autre sont plutôt longs, portés par des guitares qui prennent leur temps et un tempo ralenti. Elles ressemblent dans l’inspiration aux morceaux les plus émouvants de l’ère Wish tels que To Wish Impossible Things ou même Trust. Dans les deux cas, Robert Smith travaille un registre éprouvé qui est celui de l’usure, du passage du temps et de l’absence de perspectives (chantées, notamment, autour du registre de la « dernière chanson) pour l’homme et le groupe. Chansons désespérées ou glorieusement finissantes. Robert Smith chante sur endsong :

I will lose myself in time, and it won’t be long
It’s all gone, it’s all gone, it’s all gone

Left alone with nothing, at the end of every song
Left alone with nothing, at the end of every song
Left alone with nothing

Soit un programme pas très éloigné de ses déclarations de jeunesse mais qu’on retrouve aussi dans de nombreuses chansons de Cure dont plusieurs figurent d’ailleurs dans la setlist de tournée (Disintegration,39). Endsong repose sur une intro pompière et un peu lourde  et est des deux titres le plus ennuyeux. La batterie et la basse gâchent l’effet d’élévation suggéré par les guitares, pour un rendu qu’on peut trouver assez grossier, tandis que le chant offre peu de variété.

Alone sonne bien meilleure, légèrement plus compacte, mais là encore ne présente aucune espèce de nouveauté. Le texte est sans aucune surprise et utilise les mots valise qu’affectionne Smith comme dans un générateur automatique. Vous placerez « dream », « the same », « stop », « eyes » et « nothing » dans l’ordre et le désordre et vous aurez une nouvelle chanson toute fraîche. On ne va pas reprocher cela à Smith maintenant : sur Alone, ça fonctionne et dire qu’on ne ressent pas comme à chaque fois ce mal-être qui s’insinue en nous, cette lassitude et cette immense fatigue existentielle serait mentir. Alone est un titre qu’on aurait pu qualifier de classique immédiat il y a 20 ou 30 ans.

The end of every song
But it all stops and I prefer that we would never change
But it all stops we’ve always thought that we would stay the same
But it all stops and because our eyes would scream
To dream of boy and girl who dream
The world is nothing but a dream

Il est assez probable que le nouvel album ne soit pas l’album du renouvellement. Est-ce qu’on assistera comme avec le récent Doggerel des Pixies à une sorte d’auto-tribute de Cure à eux-mêmes ou est-ce qu’il y aura un peu plus que cela dans cet album ? Il faudra attendre encore quelques mois pour y voir clair. Peu probable que les concerts français prévus fin novembre nous renseignent à ce sujet, à moins que Cure ne profite de la tournée pour glisser quelques nouveautés supplémentaires. Usé, abîmé mais Cure court toujours.

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