Pan•American / A Son
[Kranky]

8.7 Note de l'auteur
8.7

Pan American - A SonQuand nos vies – qui passent trop vite pour qu’on en prenne la mesure – en seront à leurs crépuscules, et si le temps veut bien nous permettre un instant d’introspection, peut-être comprendrons–nous, enfin, que la chose la plus importante, c’était justement le moment présent. On espère alors avoir suffisamment de clairvoyance pour réaliser à quelques points l’œuvre de quelques-uns, de Mark Hollis à The White Birch en passant par Codeine ou Bedhead (on aurait aimé cité aussi Red House Painters, mais Mark Kozelek a bien trop salopé sans vergogne dans une dysenterie productiviste), constituent des moment salvateurs qui nous permettent de nous poser hors du temps présent. Leurs albums nous paraîtront probablement comme des espaces-temps où se nichent les choses importantes.

Immanquablement, dans ce registre, on soulignera l’importance des albums de Mark Nelson, que ce soit avec Labradford ou avec son navire affrété pour les odyssées en solitaire baptisé Pan•American (injustement, on oubliera peut-être sa participation au duo Anjou qui est pourtant fort honorable). Pour avoir écouté très fort, très tard et souvent dans un état second, chacun des sept albums de Pan•American, on sait à quelque point cette musique peut nous transporter loin, très loin, jusqu’à faire oublier la marche du temps, à nous exfiltrer du quotidien. Au moment le plus opportun, lorsque la lumière décline pour entrer dans les profondeurs de l’hiver, le groupe désormais constitué en duo avec le batteur / percussionniste Steven Heiss revient pour suspendre la frénésie quotidienne. En découvrant le titre de cet album (A SonKranky), il n’y a pas besoin de disserter sur les motivations intimes de Mark Nelson et comprendre la source de son inspiration. Encore moins, pour mesurer que si Pan•American a délaissé les battements électroniques le temps de cet album, c’est pour mieux encore laisser entendre le battement de son cœur.  Un dulcimer, un violon, des clochettes pour dialoguer avec une guitare électro-acoustique et cette façon de chanter dans un soupir suffisent amplement pour raconter la vie d’un homme et y laisser largement la place pour y projeter la sienne. Quand tout n’est que brouhahas et logorrhée insignifiante, il y a ici de quoi nicher des pans entiers d’une vie entre chacune de ces notes.

Tracklist
01. Ivory Joe Hunter, Little Walter
02. Memphis Helena
03. Sleepwalk Guitars
04. Brewthru
05. Dark Birds Empty Fields
06. Drunk Father
07. Muriel Spark
08. Kept Quiet
09. Shenandoah
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