Pixies / Doolittle 25 [4AD]

Pixies Doolittle 2525 ans déjà… Pourtant au moment de mettre cette réédition sur la platine, et malgré les centaines d’écoutes passées de Doolittle, je sais pertinemment que l’excitation est toujours au rendez-vous. Car c’est bien d’excitation – charnelle pour ainsi dire – et d’une déflagration d’adrénaline dont il est question à chaque écoute de ce disque, quand je pense à lui, ou même lorsque quelqu’un l’évoque au fil d’une discussion en ma présence.
Doolittle fut mon premier rendez-vous avec le groupe de Boston. Comme souvent pour les groupes et les disques importants, je me souviens parfaitement de la première fois. J’étais chez un ami que je ne vois plus depuis, on avait déjà pas mal de premières fois à notre actif, en terme de découvertes musicales. Le disque semblait l’ennuyer, ça gueulait trop et ça n’était pas à la hauteur de la chronique incroyable qu’on venait de lire dans le dernier numéro de Best. Pour moi, c’était tout l’inverse, j’étais totalement fasciné face à cette nouvelle musique qui m’apparaissait si évidente et si envahissante, comme présente avec nous dans la pièce. Les tubes défilaient et ça ne semblait jamais pouvoir s’arrêter. Un vrai coup de foudre d’adolescent…
J’ai rattrapé mon retard du disque précédent et les Pixies sont vite devenus mon groupe favori. L’année d’après, j’étais à Paris pour leur concert au Zénith (les fabuleux Pale Saints, cousins anglais de l’écurie 4AD, ouvraient pour eux ce soir-là), nous avions même eu droit à un dernier rappel toutes lumières rallumées et au moment où des gens avaient déjà quitté la salle. C’était là l’apothéose d’un groupe au sommet de son art, les rois du rock comme beaucoup les surnommaient à l’époque.

Doolittle c’était ce jour là assurément mieux que le Poppers ou le Viagra

Depuis, Doolittle est devenu le compagnon des bons et des mauvais moments de ma vie. Les souvenirs sont nombreux et précieux, comme celui d’une après midi d’été crapuleuse sous la couette avec ma petite amie de l’époque. Doolittle c’était ce jour là assurément mieux que le Poppers ou le Viagra, mais ça venait à nouveau confirmer cette première sensation d’excitation. Une vraie madeleine de Proust.
C’est aussi devenu le disque qu’il faut pour se secouer les puces le matin, qu’il faut pour tenir au volant de la voiture la nuit, qu’il faut quand on a besoin de redoubler d’espoir et qu’on a plus de force, qu’il faut faire écouter à quelqu’un qui ne le connaît pas encore, en silence et sans trop oser regarder sa tête, de peur d’être déçu par sa réaction. On est rarement déçu cela dit.
L’excitation toujours, car finalement il ne s’agit que de ça sur Doolittle. D’abord avec le chant de Black Francis, 12 tonnes de testostérone sur pattes, qui gueule comme nul autre et semble ne jamais s’épuiser malgré les (déjà) quelques kilos en trop. Puis la batterie martiale de David Lovering, longue déferlante de  véritables coups de butoir, 40 minutes durant. Aussi les guitares incisives de Joey Santiago, comme autant de gifles au visage ou de griffures dans le dos. Et, enfin, avec cette voix inimitable de Kim Deal, d’une sensualité et d’une sexualité rares, accompagnée de sa basse qui ronronne comme une petite chatte qui viendrait se frotter contre vos pattes et dont on ne peut se dépêtrer.
25 ans plus tard, rien n’a donc changé et cette nouvelle édition anniversaire est là pour nous le rappeler. Côté technique, les choses ont été bien faites : le nouveau mastering est réussi et permet d’aérer certaines parties de guitares, d’accentuer d’une manière générale toutes les batteries qui sonnent plus profondes, tout ça sans perdre la dynamique d’origine, mais sans pousser le volume dans les tours. Joli exploit, de nos jours.
Côté bonus, c’est par contre sans trop de surprises avec deux disques ajoutés : un premier qui propose les démos et inédits autour de Doolittle et qui permet de voir l’évolution des chansons avant l’enregistrement définitif (Wave Of Mutilation aux couplets méconnaissables), et un second qui rassemble les Peel Sessions de l’époque, précieuse collection de versions alternatives réussies (le mythique Bailey’s Walk pour clôturer le disque notamment).
Un bien joli cadeau à mettre sous le sapin, juste à côté de votre sex-toy tant désiré.

Tracklist

Disque : 1

1. Debaser(Original)
2. Tame(Original)
3. Wave Of Mutilation(Original)
4. I Bleed(Original)
5. Here Comes Your Man(Original)
6. Dead(Original)
7. Monkey Gone To Heaven(Original)
8. Mr. Grieves(Original)
9. Crackity Jones(Original)
10. La La Love You(Original)
11. No. 13 Baby(Original)
12. There Goes My Gun(Original)
13. Hey(Original)
14. Silver(Original)
15. Gouge Away(Original)

Disque : 2

1. Dead(Peel Session)
2. Tame(Peel Session)
3. There Goes My Gun(Peel Session)
4. Manta Ray(Peel Session)
5. Into The White(Peel Session)
6. Wave Of Mutilation(Peel Session)
7. Down To The Well(Peel Session)
8. Manta Ray(Peel Session)
9. Weird At My School(Peel Session)
10. Dancing The Manta Ray(Peel Session)
11. Wave Of Mutilation(Uk Surf)(Peel Session)
12. Into The White(Peel Session)
13. Bailey’s Walk(Peel Session)

Disque : 3

1. Debaser(Demo)
2. Tame(Demo)
3. Wave Of Mutilation(Demo)
4. I Bleed(Demo)
5. Here Comes Your Man(Demo)
6. Dead(Demo)
7. Monkey Gone To Heaven(Demo)
8. Mr. Grieves(Demo)
9. Crackity Jones(Demo)
10. La La Love You(Demo)
11. No. 13 Baby(Demo)
12. There Goes My Gun(Demo)
13. Hey(Demo)
14. Silver(Demo)
15. Gouge Away(Demo)
16. My Manta Ray Is All Right(Demo)
17. Santo(Demo)
18. Weird At My School(Demo)
19. Wave Of Mutilation(Demo)
20. No. 13 Baby(Demo)
21. Debaser(Demo)
22. Gouge Away(Demo)

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