Rattrapage pop : Olivia Rodrigo passe le permis de séduire

Olivia Rodrigo - SourLa petite fille adoptive de Mickey, d’Alanis Morrissette et de Lana Del Rey débarque et du haut de ses 18 ans, elle emporte la pop sur son passage. C’est le résumé de l’effet produit par la déferlante Olivia Rodrigo, ancienne égérie Disney et star de High School Musical, depuis la sortie de son premier album Sour. Avec son single larmoyant et tendrement pop, Driver’s License, qui parle d’amour et d’amour, et peut-être aussi d’amour, sa bouille adorable et sa voix envoûtante, la jeune femme donne un goût de jeune aux musiques tristes et languissantes mais s’impose aussi dans un registre plus uptempo, voire carrément rockélectric, qui rappelle, de l’autre côté de l’Atlantique, le charme de Nilüfer Yanya. Ni soul, ni rock, mais au centre entre mainstream et indépendance d’esprit. Sur son hit single, Olivia Rodrigo, qui écrit toutes ses chansons elle-même (chapeau), est toute contente de décrocher son permis de conduire pour pouvoir emmener son copain dans sa nouvelle voiture, sauf que ce salopard en profite pour filer CE JOUR LA avec une blonde (bien sûr) et la plonger dans une véritable dépression… so sexy. Au lieu de se concentrer sur ses créneaux, Olivia Rodrigo se lamente et roule telle une version cheap de Morrissey sur There Is A Light That Never Goes Out (on exagère carrément, là) autour de son neighbourhood en versant une larme émue comme lorsque les finalistes de Koh Lanta se rappellent leurs camarades disparus trop tôt. Les paroles sont quelque peu bas de gamme et l’imaginaire encore à bâtir, mais la chanson respire une mélancolie et une tristesse authentiques qui émeuvent.

I got my driver’s license last week
Just like we always talked about
‘Cause you were so excited for me
To finally drive up to your house
But today I drove through the suburbs
Crying ’cause you weren’t around
And you’re probably with that blonde girl
Who always made me doubt
She’s so much older than me
She’s everything I’m insecure about
Yeah, today I drove through the suburbs
‘Cause how could I ever love someone else?

Plus loin, sur son autre morceau phare, Good 4 U, Olivia dégaine la jupe de collégienne (autant dire qu’elle se situe très très haut sur l’imaginaire érotique de l’auditeur moyen) pour un power hit pervers et bien balancé à la mode des années 2000. Rebelote sur celui-ci, on retrouve la jeune femme seule et éplorée après s’être fait larguer, mais ça remue un peu plus.

Well, good for you, you look happy and healthy
Not me, if you ever cared to ask
Good for you, you’re doin’ great out there without me
Baby, God, I wish that I could do that
I’ve lost my mind
I’ve spent the night cryin’ on the floor in my bathroom
Just over the fact that I really don’t get it
But I guess good for you

Cette fois-ci elle est un peu plus agressive vis à vis de son lover et c’est tout aussi réussi. Sour parle pas mal d’amours déçues, ce qui est assez surprenant chez une fille de cet âge, comme si la jeune femme avait hérité instantanément de la langueur et du pathos de Lana Del Rey et travaillait le même imaginaire de déception et d’apitoiement alors qu’elle commence à peine à côtoyer l’âge adulte. Peu importe, si cela fonctionne. Pour les fétichistes, on peut la retrouver aussi en train de manger une glace (oh, dieu) sur le rétro chic Déjà Vu, un autre morceau, qui fleure bon la nostalgie moderne, la bourgeoisie chic et les rêves interdits.

Pas certain qu’on y retourne pour parler de l’album entier mais il serait dommage de passer à côté de ce jeune phénomène qu’on pourra évoquer utilement avec le sourire entendu en coin, entre quadras désirants, en sirotant une mousse en terrasse. Beurk.

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