Songs Of Green Pheasant / When The Weather Clears
[Rusted Rail]

7.8 Note de l'auteur
7.8

Songs Of Green Pheasant - When The Weather ClearsIl est des noms qu’on ne croyait pas croiser de nouveau : Songs Of Green Pheasant surgit du passé dans le halo qui enveloppe les souvenirs aussi plaisants que passagers. C’est comme se remémorer une romance estivale au gout d’inachevé.

Entre 2005 et 2007, Duncan Sumpner a signé une triplette d’albums pour le compte de FatCat Records dont le très beau Gyllyng Street (2007) en forme de réplique britannique et ouvertement modeste dans les moyens et la forme, mais pas dans l’ambition orchestrale, au slowcore de Codeine ou Red House Painters. Ces trois albums artisanaux brillaient par la sensibilité lumineuse dont pouvait faire preuve un professeur du Nord-Est de l’Angleterre écrivant, composant, interprétant les textes et musique que son cœur lui dictait à ses heures perdues. Quelques années plus tard, on a recroisé SOGP sur le label home-made irlandais Rusted Rail le temps de Soft Wounds (2012) qui délaissait la morosité au profit d’une insouciance bucolique.

Avec When The Weather Clears, l’auteur nous invite de nouveau à pénétrer dans son humble chez lui : on y vient sur la pointe des pieds, de peur de gêner, de troubler cet homme qui se livre aux confidences sans fausse pudeur mais avec une sincère bienveillance. Tel un chat domestique sur son territoire de chasse préférée (entre la cuisine et le canapé), Duncan Sumpner glisse d’un instrument à l’autre avec agilité dans son home-studio. Même si sporadiquement quelques copains viennent jouer pour un arrangement de cordes et de cuivres (boire des bières et refaire le monde aussi), il s’agit surtout d’une œuvre solitaire en forme d’exutoire nocturne. On y entend les bruits du quotidien et les doutes qui naissent lorsque le jour décline. La voix de l’Anglais flotte sur de frêles esquifs mélodiques qui ne connaissent ni la syntaxe de la pop-music ni les affres du psychédélisme hippy. Sans refrain ni couplet, les chansons s’astreignent à diffuser une mélancolie confortable invitant à la rêverie. Nul doute que la musique de Songs Of Green Pheasant est marquée par l’influence de Mark Hollis, Nick Drake, The Doors ou encore de The Durutti Column, mais sans prendre la peine de les formaliser. Le résultat est intrinsèquement bancal et insaisissable tout autant que personnel.

Tracklist
01. Garden Hook
02. The Wormwood Star Falls
03. Sisters of the District
04. Northbound Trains
05. Hello
06. I
07. Lucy Says
08. Candlemas Day
09. In Very Truth
10. Redundancy
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