On n’avait pas entendu U2 à ce niveau d’allégresse et d’enthousiasme depuis…. depuis… jamais. Qu’un groupe de ce calibre se paie une reprise aussi légère et lumineuse comme s’il reprenait les Beach Boys ou n’importe quel groupe de rock californien est en soi un petit prodige mais qu’il s’agisse en fait d’un titre des Pogues, repris pour le disque hommage à leur chanteur Shane McGowan nous procure un plaisir immense. Car, oui, McGowan était si doué, si bon, si gentil, si cool, que le ban et l’arrière-ban du rock international se presse pour reprendre ses chansons et lui rendre à nouveau hommage. Là où Springsteen se la jouait plutôt fidèle et académique sur Rainy Night In Soho, une chanson majeure du canon McGowan, Bono et U2 s’offre un petit détour par la reprise de Yeah, Yeah, Yeah, Yeah, Yeah, single sorti entre Fiesta et Misty Morning Albert Bridge, en 1988, avant d’être réemballé entre les albums Peace and Love et Hells Ditch en tête de gondole d’un EP intermédiaire.
Pour ceux qui aimeraient traiter U2 d’opportunistes, c’est le premier titre des Pogues à avoir fait frissonner les charts américains. A part, pas grand chose à en dire, si ce n’est que le morceau témoigne de la culture musicale de McGowan et renvoie très clairement, dans sa version originale, à la pop cuivrée et enjouée des années 60.
Plutôt facile à balader en public, le titre fut associé sur le EP à une reprise de l’américain Honky Tonk Women des Rolling Stones, chantée par Spider Tracy. Yeah, Yeah, Yeah, Yeah, Yeah n’est probablement la meilleure chanson de McGowan mais elle témoigne de la diversité de son registre et de la facilité avec laquelle il pouvait composer, à cette époque là, des tubes immédiats.

