À l’occasion de cette carte blanche, Louise Papier dévoile dix œuvres – cinq films et cinq albums – qui ont jalonné son parcours personnel et nourri sa création. Du cinéma social de Robert Guédiguian à This Is England de Shane Meadows, en passant par l’univers pure de Laura Cahen et aux expérimentations misanthropes de Brigitte Fontaine, elle partage des œuvres qui l’ont façonné notamment lors de la composition de son dernière album, c’est la fin. Une sélection à son image : romantique, pop et mélancolique.
Comment as tu fais ton choix ?
Il y a des œuvres qui nous accompagnent, qui s’accrochent à des moments précis, qui nous façonnent sans qu’on s’en rende compte. Les films et albums que j’ai choisis m’ont marquée à différents âges, pour leur esthétique ou pour ce qu’ils racontent. Certains me consolent, d’autres me secouent. Tous comptent.
On commence avec tes albums ?
Choisir a été un crève-cœur. Je me suis contrainte à ne retenir que des projets français — et portés par des femmes.
Ce sont des albums que j’écoute en entier, dans l’ordre. Je les connais par cœur. Ils m’ont accompagnée pendant la composition de mon deuxième album l’an dernier.
Laura Cahen – De l’autre Côté (2025)
Pour l’urgence politico-sociale et queer qu’elle raconte.
Sa voix haut perchée, le travail d’arrangements en dentelle… C’est magnifique.
Melody’s Echo Chamber – Emotional Eternal (2022)
Les lignes de basse me restent en tête comme des paroles de chanson.
Ses productions vaporeuses m’apaisent profondément.
Stereolab – Emperor Tomato Ketchup (1996)
J’ai un peu triché… mais Laetitia Sadier est française !
J’adore la manière dont sa voix est posée. Les leads et les chœurs sont pensés au même plan que les instruments. Je suis persuadée que les morceaux pourraient exister a cappella sans problème. Les lignes de basse, les synthés, le groove… tout est parfait.
Brigitte Fontaine – Kekeland (2001)
Mon âme sœur finistérienne depuis l’enfance.
Je connais cet album sur le bout des doigts. Je ne comprends pas toujours les textes, mais ils me touchent profondément depuis toujours. Et ça, c’est fort. C’est une reine.
Fabienne Débarre – Welcome to the Age of Broken Minds (2024)
Un album full synthétiseurs, complètement dingue.
La production est incroyable, j’adore sa voix. Mention spéciale pour le morceau L’un dans l’autre.
On poursuit avec des films important pour toi :
Ma vie de courgette de Claude Barras (2016)
Un immense coup de cœur.
C’est un film qui me rend triste et heureuse à la fois. Il y a ce contraste bouleversant entre l’animation réconfortante et la gravité de l’histoire racontée. On se sent enveloppé… puis touché en plein cœur. Chialade assurée.
This Is England de Shane Meadows (2006)
La grosse claque.Je l’ai découvert en cours d’anglais au collège. Depuis, je le regarde tous les ans. C’est mon film préféré. Il me bouleverse toujours autant.
Marius et Jeannette de Robert Guédiguian (1997)
Le film de mon enfance. Ma grand-mère me passait souvent la VHS. Les couleurs du Sud, l’histoire d’amour, la précarité sociale des personnages… C’est à la fois beau et politique. Un film profondément humain.
Charade de Stanley Donen (1963)
Mon doudou du dimanche. Je suis fan du charisme et de l’humour d’Audrey Hepburn. Ce film me réconforte instantanément.
Babysitter de Monia Chokri (2022)
La satisfaction visuelle absolue. Un vrai clip. Les couleurs, le décor « space age », l’esthétique ultra léchée… Et en plus, il me fait beaucoup rire. J’aime énormément le cinéma de Monia Chokri.
Louise Papier est en concert le 5 mars à St-Nazaire, le 6 mars à Nantes, le 7 mars aux Sables d’Olonne, le 7 avril au Mans, le 8 avril à Orléans en première partie de Bertrand Belin, le 9 avril à Tours, le 27 juin à Cherbourg et le 10 juillet à Plestin-Les-Grèvres.
Louïse Papier – C’est la fin
Crédit photo : AV
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