Clip du mois : Il était une fois Al’Tarba et Bianca Casady

Al'tarba - La fin des contesDirigé par Pia Vidal et Félix Pommier, le clip qui scelle la réunion entre Al’Tarba et la chanteuse Bianca Casady (la moitié du groupe américain CocoRosie), est une petite merveille qui vient renforcer les attentes (énormes) placées dans le nouvel album solo du beatmaker. La fin des contes, c’est son titre, est annoncé pour le 6 mai et a déjà une pochette, elle aussi assez merveilleuse (dessinée par Mathieu Le Malinard), et qui augure d’un univers plus sombre et plus torturé que ce que le laisse entrevoir ce premier single aux ambiances lunaires et maritimes.

On ne sait pas d’où vient la rencontre entre Al’Tarba et Bianca Casady. La chanteuse vit à Paris et avait durci le ton depuis quelques années avec son groupe C.I.A ou sur le dernier album enregistré avec sa soeur, Put The Shine On. Sur ce disque, les anciennes soeurs hippie mêlaient hip-hop et guitares enragées pour un disque violent et torturé qui relataient les heures sombres de leurs propres vies et disparitions intervenues dans leur famille. Fallait-il y voir un signe ? Aux côtés d’Al’Tarba, la proposition surprend par sa douceur et son caractère onirique. Certes, Bianca entonne la ritournelle d’un Husk Little Bay avec sa voix si caractéristique, à la limite de la justesse et de la dissonance, mais l’ambiance générale est plus proche du single fabuleux enregistré avec Mounika, le Jour, pour son Cabinet des Curiosités que des morceaux dark auxquels Al’Tarba nous avaient habitués. Ici, Al’Tarba profite de la folie décontractée et baba de la chanteuse américaine mais aussi de sa voix ambigu pour proposer une instru à la rythmique quasi reggae à deux tons. La balade est enchantée, sentimentale et tendrement répétitive, nouée autour d’un refrain simplissime (« I’m Crazy For you« ) mais envoûtante et assez irrésistible.

L’intérêt du single, par delà sa douceur, tient évidemment dans l’écart entre la voix brisée et qui en devient inquiétante et le ton acidulé d’un accompagnement, qui contrairement à ce que fait Al’Tarba d’ordinaire se caractérise par sa constance et son absence de variation. On peut considérer que cet effet traduit ce qu’on peut penser ordinairement des contes : des histoires pour enfant d’apparence bienveillante et qui cache (la psychanalyse l’a montré) souvent des secrets affreux.

C’est simple, droit et beau comme un chemin en forêt et une introduction presque paradoxale à un album qui s’annonce beaucoup plus remuant et effrayant que ce premier extrait. Le disque s’intéresse à l’univers des contes et incorporera plusieurs histoires/narrations qui vont en faire un produit musical et littéraire, à la fois singulier et unique en son genre. On aura bien entendu l’occasion d’en reparler.  Le disque est en commande sur le Bandcamp du musicien.

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