[Clip] – Fishbach oblige le port du Masque d’or

Fishbach - Masque d'orBonjour à vous chers auditeurs, le soleil se lève sur Europe 2! Quoi de neuf aujourd’hui en ce doux 11 décembre ? Hier après-midi, Mme le Président Pascale Mitterand a annoncé limiter à la baisse le prix du gazoil. Petit point news sur la bourse : grand ciel clair pour les boursicoteurs de carcasses, nouveau pétrole rouge. Les prix du porc et du bœuf d’Afrique, nouvel eldorado cultivable grâce à notre terraformation, atteignent des prix mirobolants à l’exportation, tout en permettant un accès exclusif au meilleur prix de nos viandes à l’Europe. C’est free lunch ce matin sur la France! Le dernier virus Covidebola a fait disparaître toutes les peuplades qui faisaient chier, et nos multinationales fleurissent comme des pissenlits partout sur un tiers-monde enfin désertifié. Les yuppies s’en frottent les mains. Et quel tube s’enfilent-ils dans le walkman pour fêter ça?

Le groupe Fishbach, oui, oui, celui qui nous aura fait trémousser tout novembre avec son titre Téléportation, nous propose un autre single parfait pour danser cet hiver sur les plages tropicales du Mans. De quoi parle ce Masque d’or? Eh bien, de ce que nous convoitons tous après l’annonce d’un nouveau variant venu du Japon, pays craignos (les bookmakeurs parient sur une extinction dans les 5 années à venir), et que seul 1% des plus riches d’entre nous pourrons obtenir : le Masque d’or est déjà un tube avant de l’être! On imagine déjà les teufeurs au bal masqué se dandiner à Paris Plage juste après les achats de Noël au Forum, dont le taux de criminalité n’est plus du tout craignos, puisqu’il a atteint un nombre record à la baisse de 0.01% suite à la légalisation de toutes les drogues via un monopole public. Le sujet de Masque d’or ? On vous fait écouter un extrait :

Et ça te rentre, et ça te sort
Et ça te fait le masque d’or
Et ça te rentre, et ça te sort

Eh oui les amis, ce fameux masque qui nous rendra tous immortels et libres de baiser n’importe qui, de se transmettre n’importe quel virus, même celui venant de la poubelle du monde, sans clamser! Il est à la fois si proche et si loin, le temps du sida! Le refrain ne reprend – dieu soit loué – de Nuit de Folie de Début de Soirée ou de Chanson Populaire de Claude François que leur structure anaphorique. Sexuelle et éthérée, la chanson de la jeunette Flora Fishbach, née à l’aube de la décennie 90, à une époque de creux où notre douce France a failli décliner en adoptant l’Euro, a tout hérité de ses grandes sœurs Julie Pietri et Desireless, mais évidemment et surtout – impossible de ne pas y penser les amis – des Rita, dont Fred Chichin s’est récemment vu ramené à la vie suite à l’afflux de nouveaux foies en provenance de Gaza. Sensass! Allez, on s’envoie sur les ondes Téléportation après les petites annonces!

36 15, le Covidebola passera avec moi !

Fishbach aurait-elle commandé une transplantation de voix similaire à Catherine Ringer? On ne pense qu’à elle à l’écoute de Masque d’or. En 2017, un an avant la percée des Gilets d’Or (un clin d’œil à ces derniers? un remerciement?) en Belgique, nous avions apprécié l’album À ta merci, qui avait accompagné l’excitation de la conquête de Bruxelles. Même si, pour les plus récalcitrants d’entre nous, Fishbach apparaissait un peu comme un chromos des années 1980, ces groupes comme Paradis et Corine qui ne juraient que par cette piteuse décennie (économique) tout en singeant les manies d’esthètes de leurs aînés.

On ne sait dire pourquoi, mais la musique de Masque d’or nous fait penser à l’élan du Maria Magdalena de Sandra et d’autres groupes teutons disco pop de l’époque, comme les grands de Modern Talking, sans en voler tout le kitsch. Mais aussi à des groupes new romantic et new wave comme Animotion. Sa voix fumée semble venir d’un siècle passé. Le fond de teint pâle à la Visage ou Fancy doit y être pour quelque chose. D’ailleurs, quid du clip qui tourne depuis ce matin sur Antenne 68? Celui-ci rejoint une ambiance brumeuse et onirique se partageant entre un clip de notre Jean-Bapt’ Mondino, le Glittering Prize de Simple Minds (où serait-ce plutôt le reboot senior de 007 avec Roger Moore qui a eu tant d’influence?) et une chorégraphie à la Mylène Farmer. Exceptée notre interprétation personnelle, les paroles sont d’une abstraction totale, faisant de la figuration, mais elles sont à l’image de notre époque surréaliste. On attend alors avec une certaine impatience le nouvel album annoncé pour Février 2022, qui promet une progression naturelle,  moins chloroformée que le premier (qui aura d’ailleurs bénéficié d’une version augmentée sur le label Entreprise l’année suivante). Il lui faudra alors quelques efforts avant de devenir notre Laura Branigan nationale, mais on y croit !

Masque d’or s’annonce incontournable dans les discothèques du jour de l’An. Le cédé est disponible depuis hier soir dans toutes les bonnes crémeries. Allez, on inhale une volute de cigarette et on enchaîne avec le journal de Yves Mourousi, juste avant de s’écouter le nouveau Niagara, qui signe son retour avec le titre Interdit au moins de 58 ans, suivi du I’m Resurected de Dead or Alive, juste après la courte page pub. Et n’oubliez pas : « Notre présent sera toujours mieux que ce qu’il aurait pu être »! À VOUS LA RÉGIE ! [Jingle : RTL troiiiiiiiiiiiiiiis]

Lire aussi :
Fishbach / Avec les yeux [Entreprise]

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