[Clip] – Manson’s Child se fait croquer par Vanoli

Manson’s Child - Love in TearsIl y a des groupes comme ça dont l’amateurisme éclairé force admiration. Les colmariens de Manson’s Child en font de toute évidence partie. Le quatuor mené par l’activiste underground Mathieu Marmillot, responsable du label Parklife et auteur de fanzines du même nom n’a jamais vraiment eu de plan de carrière mais mène depuis plus d’un quart de siècle sa petite barque artisanale qui les aura conduits bien au-delà des canaux de la préfecture du Haut-Rhin, vers des horizons parfois incroyables, fruits de ces rencontres et opportunités dont seuls les réseaux underground ont les clés. Combien de groupes indie français (et même autres) peuvent se targuer d’avoir, un jour, foulé le sol vietnamien pour une tournée tropicale ?

Malgré un premier album ayant traversé le pays pour sortir chez les bordelais d’Aliénor records, perpétuant une longue tradition d’échanges entre l’Alsace et le Sud-Ouest, Manson’s Child s’est tout de même, limites de l’amateurisme oblige, rapidement concentré sur son Grand Est d’origine pour faire vivre cette passion jamais prise à défaut et toujours intacte. Ici, point de pression ni d’impatience : on prend les choses comme elles viennent. Projets et opportunités se vivent au fil de l’eau et tout le monde semble y trouver son compte. Difficile alors de dire si la très jolie vidéo de Love In Tears qui sort ces jours-ci sonne les prémices du successeur du très plaisant Summer sorti il y a 9 ans déjà ou s’il n’est que le coup d’un soir, aboutissement d’une collaboration graphique avec le dessinateur lorrain Vincent Vanoli, réputé grand fan de musiques, qui consacrait déjà au groupe la vignette #310 de son Panorama De La Musique Populaire sorti l’an passé chez l’éditeur alsacien Chicmedias Editions.

C’est donc son trait si personnel et caractéristique qui illustre ce nouveau morceau, animations d’aquarelles noires et blanches sur lesquelles l’artiste superpose un peu de couleur plutôt inhabituelle dans son travail mais qui vient souligner l’amplitude catchy d’un morceau qui, s’il ne renie pas comme souvent, ses origines post-punk entre la Factory de Manchester et celle de New York, montre une nouvelle fois un Manson’s Child particulièrement efficace. Il y a dans ce Love In Tears beaucoup de l’élégance d’un Interpol mais aussi l’impeccable ADN rythmique d’un Stephen Morris souvent décrié pour son jeu minimal mais bien plus influent qu’on voudrait le faire croire ; tous les ingrédients d’un micro-hit indé français comme on les aime tant.

Crédit photo : capture d’écran YouTube

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