
Les semaines se suivent et se ressemblent, à croire que les clips tombent des arbres. En réalité, c’est déjà 2026 qui se profile avec des extraits d’albums à venir pendant que Robyn refait danser les foules et The Primitives fêtent déjà leurs 40 ans de carrière.
Requin Chagrin – Parachute
Alors on va vous l’avouer : depuis que l’on sait que Requin Chagrin a été pris sous l’aile de Nicolas Sirkis, on ne peut s’empêcher de penser au jour où la faute de goût pointera son nez, où une indochinoiserie mal sentie viendra enrayer la belle machine née sous la forme d’un superbe 25 cm paru chez Objet disque un jour de 2015, 10 ans déjà. Bon, et bien visiblement, ça ne sera pas encore pour cette fois et tant mieux. Parachute est une nouvelle petite bombe pop qui semble éloigner Marion Brunetto de l’univers un peu mélancolique qui prévalait sur Bye Bye Baby, son dernier album. Assise à la batterie, une nouveauté qu’elle laissait filtrer depuis quelques jours sur ses réseaux, Marion Brunetto cogne très à son aise au beau milieu d’un skate park. Simple influence de la mise en scène où réalité du mixage, le morceau hyper dynamique semble tout entier articulé autour de ce jeu de batterie simple et vivifiant qui ravira les nombreux fans d’air drumming ; indéniable signe de son évidente efficacité.
The Primitives – Sweet Sister Sorrow
Il suffit de peu pour faire un chouette clip : fouiller dans les archives et retrouver unes de journaux musicaux anglais, photos de presse et de concert et assembler le tout. Les Primitives ont 40 ans et s’ils restent dans l’esprit de beaucoup le groupe d’un seul tube, l’irrésistible Crash en 1988, le duo de Coventry mené par la mutine Tracy Spencer et le ténébreux Paul Court jouit depuis sa reformation en 2009 d’un solide soutient madrilène chez l’incontournable Elefant Records. Ils sortent pour célébrer ce tout premier concert du 14 novembre 1985 un single reprenant Thru The Flowers, leur premier 45 tours sorti en 1986 sur Lazy records et ré-enregistré pour l’occasion et accompagné en face B de ce très chouette Sweet Sister Sorrow qui vient prouver une fois de plus tout le talent du groupe pour composer des petites ritournelles immédiatement entêtantes.
Adíos Cometa – Luminosa
On reste en Espagne sur le label andalou Spinda records qui héberge déjà les excellentes argentines de Fin Del Mundo pour remonter un peu plus haut, vers l’Amérique centrale et le Costa Rica. Et oui, il faut s’y faire, la mondialisation du rock est bel et bien actée et c’est tant mieux tant le groupe de San José, Adíos Cometa, mérite sans détour le coup d’oreille. Luminosa est déjà le troisième single de leur second album Un Destello De Luz qui sortira toute fin janvier. Noisy, un peu rêveur et shoegaze mais trahissant également des influences slowcore voire emo et même plus dark sur le premier single de l’album, Candelaria, le groupe costaricien évolue peu ou prou dans les mêmes parages que leurs consœurs argentines qui collaboraient d’ailleurs sur leur précédent single, Un Mundo En Mis Brazos (Leonor). Bref, rien de très neuf sous le soleil de l’un des pays réputés les plus beaux du monde mais à l’image de ce Luminosa, hum… lumineux, à la fois doux et animal, Adíos Cometa entend bien vous emmener découvrir ces contrées d’un autre monde.
Teenage Bed – Récifs
On avait laissé Nathan Leproust au beau milieu de son Grand Val sorti en 2023, un peu déçu pour dire vrai que les promesses de son excellent premier extrait La Violence ne soient pas complétement tenues, le musicien sans réelles attaches (Le Mans, Lorient, Brest, les USA, Paris…) revenant pour l’essentiel sur le disque à ses aspirations folk lo-fi en anglais. Promesses enfin tenues ? C’est en tout cas ce qui se dit à l’annonce de la sortie en janvier de Pause Printemps, troisième album de Teenage Bed où le français tentera enfin de prendre toute sa place et se conjuguera dans un esprit parfois plus slowcore comme en témoigne ce premier extrait, Récifs, titre intimiste mais resplendissant de mille et unes trouvailles sonores qui s’accordent à merveille à ce timbre lymphatique si particulier et attachant.
European Sun – When Britain Was Great
Est-il utile de préciser que la vision d’un empire flamboyant façon Nigel Farage n’est pas vraiment la cup of tea du coté de chez Skepwax où on préfère aux saillies extrémistes de la droite nationaliste le décalage humoristique et punk, vieux punks même façon Swansea Sound, Brian Bilston ou à présent le projet de Steve Miles, European Sun dont le label sortira fin janvier When Britain Was Great, le second album. L’éponyme premier single est un excellent exemple de tout ce que Steve Miles déteste, ce prisme nostalgique d’un passé supposément meilleur mais surtout profondément inégal, raciste, impérialiste, sexiste (liste non exhaustive) où les mecs étaient des mecs et on n’en faisait pas toute une histoire, merde! Avec son second voire troisième degré grinçant et ses faux airs de Jonathan Richman ou Dan Treacy, European Sun convie tous les porteurs de mauvais souvenirs histoire d’en prendre une pour leur grade. Tenez, en parallèle de l’album sortira en CD School Report, unique chanson de 17 minutes sur laquelle l’artiste déclamera un best-of des observations les plus sarcastiques et les moins bienveillantes de ses bulletins scolaires. Un projet pour le moins conceptuel histoire de régler de vieux comptes.
Robyn – Dopamine
Voilà un moment que l’on n’avait pas eu de nouvelles de la chanteuse, musicienne, productrice et DJ suédoise Robyn dont le dernier album remonte déjà à 2018 et alors que sa vaste communauté de fans attend désespérément la suite de Honey, elle devra de nouveau se contenter d’un single, une fois de plus parfaitement exécuté, l’efficace Dopamine. Habituée des collaborations de bon goût (Röyksopp, Metronomy, Neneh Cherry, Jónsi ou Jamie XX pour n’en citer que quelques uns), c’est cette fois en solo qu’elle produit ce titre shooté aux bonnes vibrations. Si on regrettera d’ailleurs le côté un peu convenu de l’ensemble, de cette électro au refrain survitaminé aux messages cachés derrière le titre (« oh qu’il est bon de se sentir vivant » déclame-t-elle sur ses réseaux), on ne peut que s’incliner devant la puissance d’un morceau qui ne manquera pas de faire danser les foules à travers le monde tout cet hiver.

