Drahla, les enfants de Sonic Youth 2.0 ?

Drahla - Useless CoordinatePoursuivant inlassablement son travail de revalorisation du post-punk développé à travers les rééditions et la signature d’artistes faisant du neuf avec de l’ancien, cette fois-ci Captured Tracks s’en est allé draguer dans les banlieues du Nord de la Perfide Albion. Il faut dire que Drahla, les nouveaux protégés du label new-yorkais, ont beaucoup d’arguments pour faire succomber l’archéologue Mike Snipper.

Ainsi, pour découvrir le premier single, Stimulus For Living, il faut se fader une intro arty, dissonante et superflue dès la deuxième écoute (de même pour le bruit de perceuse pour finir). La configuration du groupe de Leeds est forcément un trio basse-guitare-batterie qui se joue de tous les codes en vigueur : une vidéo étrange en noir et blanc digne des plus heures d’Add N To (X), des collages ésotériques, des photos savamment mises en scène. Ils ont fait les Beaux Arts et ça se voit rapidement. Musicalement ça tape fort, ça joue vite et les irruptions fréquentes (voire systématiques, ce qui risque de s’annoncer fatigant sur la longueur) d’un saxophone en mode free ou version ska sont les seules incartades à cette instrumentation rugueuse. Ils jouent le pied au plancher et en regardant tout droit devant eux, sûrs de leur talents, fort de leurs postures.

Mais fort heureusement, Drahla compte un pouvoir de séduction qui lui permet de se distinguer et lui permet de sortir du réseau restreint des groupes noisy-arty qui jouent dans les squatts. Un pouvoir qui s’appelle Luciel Brown. Et là, en toute logique, les fans de Sonic Youth vont frétiller de l’oreille. Le timbre, la scansion, la morgue qui fait courir un frisson sur l’épiderme masculin, rappellent immanquablement Kim Gordon.

Il faudra donc attendre le 3 mai, et la parution de Useless Coordinates, pour savoir si Drahla est autre chose que les gamins de Sonic Youth piochant dans les registres de Talking Heads, Gang Of Four et Bauhaus qui semblent, a priori, former le triangle duquel ils n’ont pas l’air de vouloir s’émanciper.

Tracklist
01. Gilded Cloud
02. Serenity
03. Pyramid Estate
04. Stimulus for Living
05. React/Revolt
06. Primitive Rhythm
07. Serotonin Level
08. Twelve Divisions of the Day
09. Unwound
10. Invisible Sex
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