[Chanson culte # 43] – De La Neige en été de Diabologum

Diabologum #3Si le troisième album de Diabologum détenait déjà le statut de « classique absolu du rock français » (toutes périodes confondues), le voilà maintenant, par une réalité que personne n’aurait souhaitée, revêtir l’étiquette de prophétique. Car depuis le début du confinement, s’il y a bien des phrases qui résonnent en nous, ce sont celles du titre d’ouverture : De La Neige en été.

Il serait souhaitable qu’il s’agisse aujourd’hui d’un « problème de scénario », mais non : il n’y a plus personne aux terrasses des cafés, tous les magasins sont fermés, on se croirait en guerre ou en (très long) jour férié, « sans repas de famille » mais heureusement avec de l’électricité (pour combien de temps ?). De même, « il n’y avait rien à faire » mais, surtout, « rien n’a été fait » (ou trop tard). Que faisons-nous aujourd’hui ? « Penser à autre chose, parler un peu de tout » car « parler un peu c’est bien et ça ne gâche rien » (par téléphone, mail ou Skype). La série Z qu’évoque Michel Cloup dans la chanson n’est dorénavant plus une broutille hollywoodienne ou un nanar italien, mais un quotidien mondial.

« On s’attend donc au pire, il faut en profiter », poursuit Michel. Alors, oui, c’est vrai : on s’efforce de ne pas trop cogiter sur l’extérieur, on cherche à se changer les idées (pas simple), un peu témoin impuissant. Et dans le milieu hospitalier, « ils ont l’air d’être à bout ».

« Si ça continue ils vont devenir fous ». Phrase choc que l’on ne pensait jamais accoler un jour à l’étendue de la population. Et plus particulièrement, avec une telle gravité, au corps médical, aux travailleuses et travailleurs « de l’ombre » (pharmacie, caissières, routiers).

En avril, l’été se rapproche. Et au stade où vont les choses, peut-être va-t-il neiger ? (Cela ne surprendrait personne). Si même les saisons déconnent, rien ne va…

Tous les fans de Diabologum, de Michel Cloup et d’Arnaud Michniak auront déjà repéré ces curieuses prémonitions. Or, justement : l’album #3, en cette période non ouvrable, rappelle l’un des plus beaux films de John Carpenter, Prince of Darkness, dans lequel, face à une pandémie maléfique frappant la civilisation contemporaine, un message du futur avertissait l’humanité de la catastrophe annoncée. Dans nos cas, l’avertissement ne vient pas du futur mais du passé. De l’année 1996, pour être exact.

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