C’est sans doute parce que l’on fait partie de ces provinciaux quelque peu sevrés de concerts, loin d’une capitale qui monopolise plus que jamais l’intérêt des tourneurs, loin aussi des métropoles qui de temps en temps parviennent à ramasser les miettes de tournées désormais le plus souvent à l’échelle européenne, que l’on apprécie autant les captations de ces concerts ou sessions radios dont la qualité du tournage et de l’enregistrement rendent hommage à ce que les groupes s’échinent à produire sur scène. Cela tombe bien, Joel Johnston, irlandais de Leeds plus connu sous le nom de Far Caspian semble adorer cela lui aussi.

Quatre ans pile après nous avoir offert une très jolie session filmée au studio The Nave de Leeds, voilà que Far Caspian nous livre cette fois une version live complète et dans l’ordre de son dernier album, Autofiction, sorti l’été passé et dont nous n’avions pas vraiment trouvé le temps de vous parler, si ce n’est vite fait il y a quelques semaines en guise de bilan 2025. Toujours enregistrée dans sa ville d’adoption, mais cette fois face à un public de quelques chanceux qui avaient rendez-vous le 6 novembre dernier au Broderick Hall du musée de la ville, cette session voit de nouveau un Far Caspian au grand complet (3 guitares, 2 claviers, basse, batterie) donner vie aux chansons que Joel Johnston se fait for d’enregistrer seul dans son bedroom-studio.
Si on était littéralement tombé sous le charme de ses premières productions jusqu’à ce Ways To Get Out, album inaugural pas loin d’être parfait, la suite, décalquée à la va-vite quelques mois à peine après la sortie du premier album nous avait laissé passablement dubitatif. Si Autofiction l’an passé renversait tout de même un peu cette tendance en se montrant plus convainquant et touchant, on regrettait encore cette uniformité de son d’un album à l’autre. Ce Live At Leeds Museum apporte vraisemblablement quelques pistes que l’irlandais ferait peut-être bien d’explorer. Enregistrer seul, pourquoi pas. Mais pourquoi pas non plus à la manière de son ainé du Yorkshire Richard Adams pour qui The Declining Winter est à la fois un pseudo et un groupe, alterner et tenter à l’avenir l’expérience de l’enregistrement en groupe ?
C’est que de toute évidence, Joel Johnston n’a aucun souci à partager ses chansons et ces temps de tournée avec ses (nombreux) proches, certains présents autour de lui depuis les débuts. Même s’il s’agit bien entendu d’un live à écouter et regarder en tant que tel, il s’en dégage une véritable connivence entre les 7 musiciens qui ne peut qu’aboutir à cette performance remarquable à la fois de sensibilité et d’énergie. La lecture qui est rendue ici d’Autofiction est en tout point passionnante et surpasse largement ce que le disque pouvait apporter. Les compositions, plus racées et travaillées que sur un The Last Remaining Light d’abord mu par une forme d’urgence à enregistrer de nouveau sont joliment mises en valeur, à la fois dans toutes leurs nuances mais aussi dans une dimension électrique et dynamique qui les rend sacrément efficaces.
En attendant de retrouver Far Caspian sur les routes après une année 2025 bien active, ce Live At Leeds Museum est une bien jolie façon de patienter ; ou de se forger un avis.
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Liens | |
| 01. Intro / Ditch 02. First Day 03. The Sound Of Changing Place 04. Window 05. Lough 06. Here Is Now |
07. A Drawing Of The Sun 08. An Outstretched Hand / Rain From Here To Kerry 09. Autofiction 10. Whim 11. End |
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Crédit photo: capture d’écran YouTube

