Jérôme Minière face au mur du son du temps qui nous dépasse

Jérôme Minière - Le son du temps qui nous dépasseIl va falloir attendre encore quelques longues semaines pour découvrir La Mélodie, Le Fleuve Et La Nuit, le nouvel album de Jérôme Minière repoussé au premier semestre 2022. Alors après le quasi bossa Deux Choses à la Fois dévoilé il y a déjà presqu’un an et le funky-cinéphile La Nuit Américaine en début d’été dernier, le voici qui revient avec un nouvel extrait, Le Son Du Temps Qui Nous Dépasse qui donne son titre à un EP à l’ancienne comme il dit, même s’il ne verra jamais le jour sous la forme de ce que l’on nommait un maxi 45 tours. Quatre titres qui donnent matière à patienter de la plus belle des façons : un tube, deux inédits loin d’être anecdotiques et une version « radio édit » du premier. Jérôme Minière ne se moque pas du monde et respecte pleinement le format.

Si les deux premiers extraits, plutôt emballants, ne permettaient pas de distinguer clairement la direction dans laquelle Jérôme Minière aller nous embarquer, ça n’est pas ce nouveau titre, assez différent, qui va nous permettre d’y voir plus clair. Par contre, s’il entend par ses singles nous appâter en montant chaque fois un peu plus en gamme, on ne peut que s’attendre à un grand disque tant Le Son Du Temps Qui Nous Dépasse s’avère très vite être une petite merveille de mélancolie rondement menée et magnifiquement enregistrée et arrangée. Entre une batterie capitonnée de toute beauté et des violons aériens à souhait, le morceau s’élève rapidement vers des hauteurs insoupçonnées, avec ses faux airs de Stereolab. Le texte, jolie mise en abime à laquelle le montréalais nous a déjà habitué est d’une belle justesse, forcément touchante pour qui voit en la musique autre chose qu’un bruit de fond.

D’ailleurs, puisqu’il est question de fan, c’est Prince qui se trouve au cœur du plus minimal et robotique Minneapolis 2020 qui s’engage d’une façon différente sur cette même thématique du temps qui glisse entre les doigts, tout comme Séries Transparentes, le second inédit qui ne devrait pas figurer sur l’album mais qui délivre une délicate montée tout en retenue, riche d’une orchestration acoustique de toute beauté.

Difficile de dire si les 3 minutes 30 secondes réglementaires du radio edit auraient fait entrer cet ep dans un hypothétique Top 50 d’antan mais Le Son Du Temps Qui Nous Dépasse est sans conteste une bien jolie façon de patienter en l’écoutant en boucle, encore et encore, dans l’attente de ce nouvel album d’un artiste qui a décidé, et c’est tant mieux pour nous, de ne pas se faire rare.

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