Kris Dane revient et fait trembler le Boss (de plaisir)

Kris DaneEn attendant un nouvel album prévu en octobre de cette année, le chanteur Kris Dane fait sa rentrée en mode majeur avec un nouveau morceau remarquable, Palooza. On avait laissé le chanteur Belge il y a trois ans, sur un album qui figurait parmi nos préférés de l’année 2018 et la formidable mutation folk rock amorcée avec UNSUI. Ce disque était une pure merveille, raffinée et îlienne, romantique et à la beauté métaphysique, qu’on continue de se repasser lorsqu’on a besoin d’avoir la tête ailleurs. On disait alors qu’avec cet album, Kris Dane avait réussi à passer un cap et à entrer (définitivement) dans la cour des grands chanteurs compositeurs de folk rock.

Le nouveau titre confirme ce sentiment d’ampleur et d’amplitude ressenti à l’époque d’UNSUI, cette densité dans la construction des morceaux et la profondeur de champ, qui s’ajoute au timbre unique de la voix. La proximité avec l’interprétation habitée, sociale et poétique de Bruce Springsteen saute aux oreilles cette fois, conférant à ce morceau une connotation quasi religieuse et messianique qu’on croyait jusqu’ici réservée au chanteur américain. Entre les vocalises et le spoken word chanté avec gravité, la scansion et l’accompagnement divinement minimaliste, Dane partage avec le Boss cette conception d’un folk “qui progresse”, s’élève et porte une dynamique de mouvement alors même qu’on se balade en mode downtempo. Comme chez Springsteen, le texte met en scène une histoire intime qui, à travers le traitement émotionnel qu’en donne Dane, se pare d’une portée plus générale et pose à l’universalité. Alors qu’UNSUI rêvait d’îles et d’exotisme, Palooza lorgne vers les larges plaines américaines, les grands espaces arides d’un Ouest mythologique où se mêlent peines de cœur, drames familiaux et grands destins.

Le premier morceau issu du futur disque, Levitate, avait lui été révélé il y a quelques semaines de cela. Long Distance était moins référencé mais tout aussi typé, renvoyant cette fois à l’amour des siens, à l’amitié et aux relations mises à distance pendant… les absences ou la crise sanitaire. Longue balade plaintive et sentimentale, Long Distance prenait son temps pour émouvoir et consoler, appliquant tout au long de ses presque six minutes, une sorte de baume de consolation sur l’auditeur. Kris Dane y semble adepte du tempo qui n’avance, de l’étirement du temps et du silence cultivé en batterie. C’est dans cette lenteur incroyable, qu’il habille de sons et de trouvailles à la production, que la musique dessine son rythme singulier entre le Smog des débuts en plus soyeux et la musique d’un Springsteen qui ne rechercherait pas les effets de manche et à convaincre à tout prix.

Le disque sort mi-octobre. Il pourrait avoir son importante, même si d’ici là, tout le monde sera rentré chez soi.

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