L’accident est inévitable : Daisy Mortem emmerde Bison Futé

Daisy Mortem - L'accident est inévitableLa vague électro trash n’en finit pas. Faire de la chanson au douzième degré est devenu un sport national qui se pratique, de préférence, la nuit et après (au choix) une consommation excessive de ce que vous voulez ou une partouze entre amis. A ce jeu-là, les Daisy Mortem sont imbattables et ne reconnaissent guère qu’un rival encore poids plume en la personne des brillamment désinvoltes Angle Mort et Clignotant. Ces derniers ne pèsent, en l’absence de matière suffisante, pas encore grand chose face aux offensives répétées du duo qui s’incarne, ces jours-ci, dans un deuxième extrait de leur série Faits Divers, laquelle les mènera gentiment à la sortie d’un album du même nom, début janvier sur le label Napp Records.

L’accident est inévitable est encore meilleur et percutant (!) que le précédent single Arêtes. On y retrouve la patte inimitable du duo et son obsession pour les atmosphères et les histoires morbides. Après les morts-vivants du bord de la route, le Sida, etc L’accident est… nous emmène en voiture avec deux macchabées ressuscités et qui poursuivent leurs aventures nocturnes au son d’un saxo surréaliste et d’une rythmique électro-dance stupéfiante.

La nuit est pourpre, froide et modérément sanglante, tandis que le morceau verse, comme on verserait dans le fossé, dans une sorte d’euphorie néo-gothique qu’on avait plus imaginée ou croisée depuis le milieu des années 80. Si on n’échappe pas, à l’écoute des textes, à ce sentiment étrange d’avoir affaire à une chanson parodique (mais de quoi?), le titre est suffisamment bien charpenté et efficace pour qu’on plonge dans le piège et se retrouve à frissonner d’effroi et d’angoisse quant à la possibilité que tout ceci soit réel ! Daisy Mortem réussit à donner corps à une immersion inattendue et déroule sa plage fantôme avec un savoir-faire évident. On se demande toujours, à l’écoute de ces morceaux, quelle est la finalité poursuivie par le groupe. S’agit-il de surprendre ou de saisir, de stupéfier ou de choquer, de faire danser ou mourir de peur, d’amuser ou de faire semblant ? Le terrain esthétique et musical dessiné par le groupe est non seulement original mais en partie inexploré. C’est ce qui fait le charme et la singularité d’une démarche qu’on prendrait autrement pour une tendre pantalonnade. On est réellement curieux d’arriver en janvier et de voir ce que ça donne sur la longueur d’un album. Compte tenu de l’obsession du groupe pour le trépas, on parie que ce sera mortel.

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