Playlist JO 2024 : Olympics ou quand la fête tourne au cauchemar (musical) de Céline Dion à Muse

Arielle Dombasle - Olympics

On a interrogé plusieurs de nos contacts musiciens engagés dans les musiques électroniques pour recueillir leur avis sur le dernier morceau d’Arielle Dombasle, Olympics, qui accueillera la flamme à Paris le jour de la fête nationale. On ne sait pas trop qui sera le premier ministre à cette époque lointaine, mais ce qu’on sait c’est qu’on ne prendra aucun plaisir à s’agiter sur ce « hit » autoproclamé qui devrait résonner quelques jours à nos oreilles et qui pourrait être aussi efficace pour tuer les bactéries (ou en attraper) que de se baigner dans la Seine. Une DJ très connue nous a répondu :  » Je ne veux pas faire de déclarations fracassantes qui pourraient être mal perçues mais c’est nul de bout en bout. On dirait qu’elle essaie de chanter comme Klaus Nomi mais elle n’a pas du payer cher la mélodie. Le clip est plutôt intéressant et rattrape presque l’ensemble. Désolé, mais je ne vais pas essayer de l’écouter une deuxième fois« . Un autre, de nationalité britannique et à moustache, nous a dit : « Waoh, it is ridiculously ridiculous. French mauvais goût is something i happen to like generally but not this time. My god, I thought you were my friend. I’ve never tried to harm you like this. Sorry, mate. What can i say ? I’d better be stiff dead than to listen to it again. » Deux autres n’ont pas répondu.

Comme on ne savait pas trop quoi rajouter à ça, on s’est rendu compte que Olympics, avec son enthousiasme et sa complexité d’organisation, n’était peut-être pas le pire morceau qu’ait inspiré la grande messe olympique au fil des années. Composer des chansons ou des musiques spécialement pour les Jeux est finalement un exercice relativement récent et qui correspond à la transformation de ce produit sportif en spectacle global, avec une giga parade à l’entame et le parcours symbolique de la flamme aux portes du pays visité. On sait que c’est en 1936, dans l’Allemagne nazie, qu’est revenue au goût du jour cette idée d’un relais pour faire circuler la flamme et la présenter au peuple. On peut considérer que c’est à peu près à la même époque qu’est née l’idée de composer des pièces spécialement pour les JO. On peut citer la commande passée à Richard Strauss par le Dr Theodor Lewald, le représentant allemand au CIO, qui amena à la création de Olympic Hymn en 1936. Lewald est connu pour avoir convaincu Hitler lors d’une entrevue que les Jeux organisés à Berlin seraient un formidable outil au service du prestige du Reich.

Leonard Bernstein a livré en 1981 un morceau avec le même titre et on peut noter qu’en 1984, pour les JO de Los Angeles, Philip Glass puis John Williams furent embauchés pour accompagner l’embrasement de la flamme, les cérémonies d’ouverture et de clôture de la manifestation. Il y a évidemment un viaduc entre Strauss et Dombasle, qu’on peut franchir avec une playlist de cauchemar qui regroupe une petite dizaine de pièces composées spécialement pour honorer les Jeux Modernes. On vous aura prévenu, les écouter dans la continuité vous expose à des risques mal connus à ce jour.

Céline Dion, Atlanta 1996 – Power of The Dream

Le morceau est presque fréquentable jusqu’à 2 minutes et 30 secondes, moment à partir duquel Céline Dion lâche les chevaux et décide de nous assassiner en nous montrant toutes les possibilités de son merveilleux organe. Bizarrerie : la chanson n’a été commercialisée en disque qu’au Japon…

Freddie Mercury et Montserrat Caballée – Barcelona (1992)

Y’a pas à dire, ça donne le frisson… La chanson a été composée en 1987 et a rencontré un immense succès à ce moment là. Elle n’avait à peu près rien à voir avec les JO qui ne se déroulaient à Barcelone que cinq ans plus tard. Les deux chanteurs devaient l’interpréter le jour de la cérémonie d’ouverture mais cela ne fut pas possible car Freddie Mercury mourut en novembre 1991. La chanson fut diffusée mais évidemment sans que le chanteur empêché soit présent. Dommage…

Björk – Oceana (JO d’Athènes en 2004)

Vingt ans plus tard, on ne sait toujours pas quoi penser de cette intervention de Björk à l’ouverture des JO d’Athènes. C’est du Björk, en partie magique, mais aussi hautement horripilant. La performance vocale est sans commune mesure avec le filet de voix qui s’échappe du Olympics d’Arielle Dombasle.

Muse – Survival (Londres 2012)

Musicalement, la mise en musique des JO de Londres était proche du sans faute avec un balayage des moments glorieux de la pop anglaise allant des Kinks aux Pet shop Boys. Il faut dire que les Iles Britanniques avaient en stock cette année plus de talents que la France ne peut en faire valoir pour habiller ces jeux 2024. Mais ils réussirent tout de même à mettre un peu plus en avant ce titre épique, brutal et assez monstrueux composé par Muse « à la manière de Queen » (voir supra). Est-ce que le rock de stade est fatalement voué à être aussi mauvais. On peut le penser. Survival est un hymne à la puissance et à la gloire qui n’a aucune subtilité. Le texte est terrifiant :

Race
Life’s a race
And I am gonna win
Yes, I am gonna win
And I’ll light the fuse
And I’ll never lose
And I choose to survive
Whatever it takes
You won’t pull ahead
I’ll keep up the pace
And I’ll reveal my strength
To the whole human race

Liu Huan – You and Me (JO de Pékin 2008)

Oui, c’est beau et c’est insupportable.

Whitney Houston – One Moment in Time (Los Angeles 1984)

Peut-être la meilleure chanson de JO de tous les temps, ce One Moment in Time concentre sur lui tout ce qu’on peut aimer et détester dans ce genre de mascarade. Quelque part entre la manifestation sportive et l’Eurovision, il existe une planète où les morceaux d’ouverture sont tendus, ramassés et spectaculairement bons.

Katy Perry – Rise (JO de Rio 2016)

C’est tellement peu subtil qu’à côté on peut réévaluer sans trop de difficulté la performance d’Arielle Dombasle. Le texte est nul et l’interprétation manifestement surjouée au delà de ce qu’on peut concevoir. Chanter pour les JO implique d’en faire des tonnes, des tonnes et d’écraser le public avec.

Pet Shop Boys – West End Girls (JO de Londres 2012)

La chanson est magnifique. La mise en scène est pas mal. Mais ce n’est pas l’interprétation la plus réussie de ce standard des Pet Shop Boys.

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