Tapeworms poursuit son Grand Voyage

Tapeworms - PlaygroundOn les croyait en pause, le temps d’une ballade au long cours japonaise entamée à deux en septembre dernier. Laissant sur le carreau lillois le batteur Eliott Poyer, Margot Magnière et Théo Poyer (le grand frère) soit les deux tiers de Tapeworms se sont donc envolés pour un Grand Voyage vers Tokyo qui donnera son nom au second album du groupe qui sortira sur le label new-yorkais au drôle de nom so 2.0, Music Website. Si on n’imaginait pas les deux jeunes artistes ne rien retirer musicalement parlant de leur année japonaise en cours, eux qui semblaient déjà, c’était criant dès la parution de leur premier album Funtastic, particulièrement fascinés par la (pop) culture du côté du soleil levant, on ne s’attendait pas forcément à en récolter les fruits de sitôt mais l’album était en réalité finalisé bien avant leur départ. On repense alors à cet étonnant IRL laissé en friche il y a près de deux ans, au très beau Puzzle quelques mois plus tard et au bien cool Superstar il y a un an qui retrouvait un peu plus l’esprit noisy-nippon de Funtastic; trois titres qui, finalement et malgré l’éloignement, s’avèrent bien comme escompté précurseurs de ce second album.

Playground qui sort ces jours-ci, quatrième extrait d’un album qui comportera 12 titres, est une nouvelle plongée dans un univers créatif passionnant. Le groupe continue d’explorer le potentiel de machines parfois cheap (de vieux claviers Casio, des samplers de première génération) qui se substituent presque totalement ici à la formule guitare-basse-batterie sur laquelle ils se reposaient en sécurité à leurs débuts. Un matériel qui les pousse également à expérimenter de nouvelles façon de composer. Comme sur IRL, le résultat est un véritable tourbillon, une ahurissante danse de Saint-Guy sur laquelle bits et glitches s’entrechoquent puis s’enlacent dans une grande modernité pour célébrer la douce nostalgie de l’innocence enfantine, quand jouer était à peu près la seule préoccupation valable. Quand certains célèbrent avec nostalgie les années (90) passées, si d’autres pensent indécrottablement que le rock est mort, on peut toujours compter sur des jeunes gens de la trempe de Tapeworms pour filer au paysage musical un bon coup de défibrillateur, un gros bain de jouvence et un lifting en règle aidés à la manœuvre par un Petit Fantôme jamais avare lui non plus, on adore le suivre pour cela, d’idées novatrices et de sens à donner à l’expression « jouer de la musique ».

Pour fêter tout ça et illustrer de jolie manière ce Playground réjouissant, après la vidéo Google Maps de Puzzle en mode préparatoire, Margot et Théo, comme ils en ont pris l’habitude sur leurs réseaux et notamment le vlog du Grand Voyage, livrent une véritable carte postale tokyoïte, leur nouveau terrain de jeu. Le clip, comme la vie frénétique dans la capitale japonaise telle qu’on l’imagine, file à 100 à l’heure mais s’offre de doux moment de respiration, havre de verdure et de vie animale dans l’univers minéral de la mégalopole.

Préparez vos cartes d’embarquement, montée à bord du Grand Voyage le 11 avril.

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