Tube du mois : Nilüfer Yanya revient sans peine ni douleur

Nilüfer Yanya - PainlessL’album, Painless, ne sortira que le 3 mars mais le niveau auquel évolue ce premier single, stabilise, envoyé au front en plein mois de novembre suffit à nous rappeler à quel point Nilüfer Yanya peut produire une musique excitante.

On avait émis quelques doutes sur sa capacité à bien s’entourer sur la foi d’un Ep sorti en fin d’année dernière, mais il semble que la jeune londonienne ait profité du confinement pour se refaire une santé, une énergie et une capacité d’innovation, aussi inspirées et foudroyantes que lorsqu’elle nous avait enchanté en 2019 avec son Miss Universe inaugural. On n’a jamais cessé depuis de voir en elle la relève d’un tas de choses : nouvelle Sade, nouvelle tête chercheuse du funk hip hop international, merveille soul. On a pu penser un temps qu’on s’était enflammé un peu vite et que la jeune femme ne pourrait pas satisfaire toutes ces attentes.

Stabilise est un single époustouflant, de vigueur, de vie, une réflexion efficace et irrésistible sur la vie urbaine, l’isolement, la solitude, la confiance en soi. Le titre parle de l’influence de l’environnement, du décor et des éléments sur notre vie. Il parle du sentiment grisant de se sentir “au cœur des événements” mais aussi au coeur du néant, de s’en remettre à ses seules propres forces pour sauver sa peau et se sortir du marasme. Il n’y a rien d’autre que nous et l’infinité des destinées possibles : on peut se perdre ou réussir, abandonner ou se laisser porter. Le message de ce titre formidable, porté par des basses redoutables et une progression plus rock qu’à l’ordinaire (qu’on espère retrouver sur l’album), est une déclaration qui devrait porter auprès de la jeunesse, au sortir d’une année d’hésitation.

Le texte est splendide d’efficacité et de concision, ancré dans un réel que Nilüfer Yanya, malgré sa célébrité naissante, n’a jamais cessé d’habiter. On y entend le son de la vraie rue, le souffle des déambulations urbaines, des espérances expirées et lancées au hasard des rencontres. Le clip, réalisé par sa propre sœur, sert parfaitement la chanson et en décuple la vigueur.

Theres nothing out there
For you and me
Im going nowhere
Until it bleeds
Im going nowhere
Dogs fight
Stayed up all morning
Thought I could feel something
But my mind keeps jumping
Back and forth 

On espère que l’album à venir sera aussi solide que ce premier morceau.

close
Recevez chaque vendredi à 18h un résumé de tous les articles publiés dans la semaine.

En vous abonnant vous acceptez notre Politique de confidentialité.

Plus d'articles de Benjamin Berton
[Chanson culte #62] – Cut Your Hair de Pavement (1994) : l’hypothèse mainstream et la stratégie de l’échec
Les années 1994-1995 sont des années déterminantes pour le rock indépendant. Le...
Lire la suite
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *