Aidan Knight déjà en lice pour la gloire en 2016

Aidan Knight par Brian Van WykLe prochain et 3ème album du canadien Aidan Knight sortira le 22 janvier 2016 chez PIAS. Each Other, c’est son nom, s’annonce déjà (parce qu’on l’a écouté en entier et 3000  fois depuis huit jours) comme une des grandes affaires de la nouvelle année. Après le déjà très chouette Small Reveal en 2012, et son single imparable A Mirror, Aidan Knight franchit avec cet album de huit titres une nouvelle étape dans sa folle progression. Le type continue d’explorer une pop à guitare (sèche) décharnée et mélancolique, qui emprunte des accents dépressifs à des types comme Bill Callahan ou Will Oldham mais un aspect chaleureux et ouaté à des frères d’armes comme Marble Sounds ou le débutant Jay Jay Johanson. Mélanger toutes ces références, plus ou moins crédibles, ne signifie pas grand chose et n’est pas d’un grand secours lorsqu’on se confronte à l’intensité grave et lumineuse d’un All Clear, le premier single tiré de ce nouveau disque. Et, en effet, cela saute aux yeux et aux oreilles, sans qu’on ait besoin de servir la soupe.

En plus d’être un très bon joueur de guitare, Aidan Knight, qui n’a pas encore trente ans, démontre avec ce morceau (et les 7 autres) qu’il est un songwriter remarquable et susceptible d’ajouter son nom à la longue liste des pleurnicheurs de génie qui ont accompagné nos déprimes bobo. Parmi tous ces types, Aidan Knight appartient à la face « claire » de la Force, celle qui, après avoir fait couler les larmes et maudire la vie, s’ouvre sur un horizon optimiste où l’on s’extasie sur un visage de femme, ou une petite joie simple. Sur Each Other (mais on y reviendra très vite), on trouve des récits de cauchemars, des chansons à enterrer les morts mais aussi des instants d’extase qui, à la façon d’épiphanies, font voir la vie différemment.

Ce disque dont on verra s’il supporte quelques milliers d’écoutes supplémentaires pourrait avoir son importance dans les mois qui viennent. Il est assez peu probable (bien évidemment) qu’on le retrouve dans les allées du supermarché ou en boîtes de nuit, mais il devrait occuper quelques platines solitaires, voire (ce qui pourra lui arriver de plus lucratif) être récupéré par un publicitaire cultivé pour accompagner la vente de produits marchands. En attendant, Each Other nous appartient encore, et à nous seuls, pendant près d’un mois. On a bien l’intention d’en profiter.

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