Caandides et son premier album : et si 2016 était une année pop (3)

CaandidesSi jamais le Front National prend le contrôle (caramba encore raté!) et décide de fermer les portes culturelles du pays (interdiction d’écouter et diffuser TOUTE MUSIQUE fabriquée à l’étranger – tant qu’à être cons, autant être jusqu’au-boutistes), les amateurs de pop pourront sans doute se réfugier dans l’écoute de Caandides, le combo parisien dont le premier album qu’on attendait depuis un bout de moment sortira le 5 février chez Cracki Records. Caandides, pour faire simple, c’est le Animal Collective français mais pas que…

En fait, pour les gens comme nous (enfin, comme moi) qui n’aiment pas Animal Collective parce qu’ils trouvent que ça manque d’émotion et que c’est un peu trop sophistiqué pour être honnête, Caandides est un excellent substitut musical et un groupe qui, en plus de porter sur lui une certaine sophistication sonore et une farouche volonté d’expérimenter sur les textures, présente l’avantage de proposer un bon storytelling (une histoire quoi) et un côté pop « terrestre » tout à l’avantage des Français. Terrestre, ce n’est pas tout à fait le mot puisque le nouvel album s’appelle 20° 30′ S 29° 20′ W et désigne une île paumée au large de Trinidad sur laquelle aurait atterri il y a une cinquantaine d’années un OVNI. On ne s’est pas trop documenté sur la chose mais le groupe, si. Et il a composé un album autour de cette histoire ce qui donne un album-concept mêlant musique sous influence caribéennes et ufologie. Autant dire qu’on n’avait pas entendu pareil truc cool depuis le séjour des Happy Mondays à la Barbade. Et puis les histoires d’extra-terrestres (voir Pixies) ont toujours fait bon ménage avec le rock. Le groupe accompagne sa musique d’un projet « augmenté » et a ou avait dans ses rangs un graphiste qui enrichit l’aspect musical par des projections et des « dérivatifs esthétiques ». Ce n’est pas ce qu’on recherche d’ordinaire mais cet aspect fonctionne plutôt bien.

Sur les deux premiers titres connus et illustrés par des vidéos, on a une préférence pour ce somptueux Black Mass qui ne ressemble pas à grand chose de connu. C’est complexe, c’est… bizarre et aussi formellement emballant que musicalement. Caandides marie les instruments électro et organiques et cela donne un cocktail saisissant, qui mêlé à leurs recherches thématiques et musicales (olé),  procure une belle sensation d’exotisme pop. Il manque le petit parapluie en papier sur le haut du verre et on est comblés et prêts à affronter l’hiver. On n’en dira pas plus pour le moment mais l’album qu’on vient de recevoir (et d’écouter furtivement) ne déçoit pas.

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