Chanson du Mois : Billy Childish n’aime pas grand monde (The William LoveDay Intention)

The William Loveday Intention - People Think They Know Me But They Don’t Know MeLes grands morceaux débarquent parfois sans prévenir. Dire qu’on attendait plus grand chose de Billy Childish serait mentir. L’homme est une institution (méconnue) Outre manche et peut-être l’un des derniers grands artisans lo-fi encore en activité depuis que Daniel Treacy des Television Personalities et Daniel Johnston (ce dernier étant… décédé, ce qui n’est pas le cas du premier) ne sont plus en état de nuire. Il reste bien le Legendary Stardust Cowboy mais il y a quand même un poil de professionnalisme (et probablement de talent) en plus chez le Britannique.

Childish a fêté ses 61 ans il y a quelques jours et il a donc encore quelques belles années devant lui. Le pape du stuckisme, écrivain, poète, artiste complet, reste l’une des références du garage rock, bricolo blues rock, les plus fameuses et les plus côtés du marché clandestin. Son nouveau groupe, The William Loveday Intention, a sorti un premier album en octobre, People Think They Know Me But They Don’t Know Me, qui initie une quadrilogie, déjà en boîte, et dont la sortie s’étalera (si tout va bien), chez les excellents Damaged Goods Records, jusqu’en février 2021.

Sur cet album figure, entre deux pépites folk, une chanson impérissable intitulée I Wasnt Made For This World. “I dont like the colour of the streets/ I dont like the faces that I Meet/ I dont like the music that i hear/ I dont like the way you all stare and stare/ I dont like the people that i like/ I dont like the art that you sell/i dont like my friends and they dont like me/….It seems i wasnt made for this world

Cet exercice de misanthropie ordinaire est tout bonnement extraordinaire. Le chant est habité et la mélodie d’une simplicité infantine, tenue avec abnégation sur un seul accord. Le thème évoque le célèbre I Wasnt Made For These Times de Brian Wilson et des Beach Boys.  Mais c’est bien l’interprétation de Childish qui emporte tout sur son passage et donne à cette chanson banale des allures d’hymne fédérateur. L’album est, dans un genre tout de même assez particulier, tout aussi fréquentable et agréable à l’oreille. On a ainsi un petit faible pour The Desert’s Flame. Childish n’est probablement le futur d’aucun genre, ni de personne mais qui a encore besoin d’un futur aujourd’hui ?

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