Single de l’été (2) : French 79 part à l’aventure avec Joyride

French 79 - JoyrideLa France a d’incroyables talents électroniques sur toute l’étendue de son territoire, avec leurs spécificités, leurs originalités ; c’est indéniable. On s’en faisait la réflexion à l’occasion des albums de Christine et The Toxic Avenger, de même qu’à l’écoute des derniers de Rone et Doctor Flake. La sortie du nouvel EP de French 79 remet une pièce dans la machine. Joyride semble annoncer un nouvel album – on dit cela comme ça, on a le pif pour – et donne le coup d’envoi des jeux d’été : que ce soit la visite des grottes de Choranche en famille ou l’escalade en (ver) solitaire du Cap d’Agde… C’est la joie qui attend à l’horizon.

On est d’ailleurs certain de retrouver au moins deux singles de cet EP dans l’album sur le feu. Joyride dévoile une deep house à la MK et d’autres grands producteurs du genre anglo-américains, mais relativement diurne. Pas tant solaire que luminescente. On est sûr que la géographie marseillaise joue dessus, comme chez le Kid Francescoli. Moins évident, on perçoit aussi un rendu dance “à la française” : propre sur lui, qui sait se tenir tout en étant sincère, comme ont pu le démontrer dans les années 2000 des artistes comme Arno Cost, Norman Doray ou le conglomérat de Reepublic (Antoine Clamaran, Tristan Garner, etc.), avec ce petit truc en plus instantanément pop qu’apporte la voix aiguë du morceau. Simon Henner semble aussi tenter par l’aventure des grands espaces, à l’instar des périples sonores de Thylacine,  de Fakear et Frédéric Soulard, mais aussi de Molécule auquel on pense particulièrement. Pas sûr que cela se ressente instantanément, la musique de French 79 ayant toujours été assez oxygénée, mais on aime à penser que ces morceaux s’éloignent d’une certaine froideur électronique qui fut sa marque.

Avec la chanteuse américaine de Terror Jr., qui n’a rien à voir avec Dinosaur Jr. soit dit en passant, Keep Me Closer donne envie de croire. En l’amour. En la paix. Du moins rapporté au plus petit dénominateur commun de quelques êtres. Là encore, les titres ne révolutionnent pas le genre, mais ils respirent la sincérité, apportant une fraîcheur bienvenue. C’est sympa et s’accompagne merveilleusement d’un petit rosé en bord de mer. Le dernier morceau, The Adventurer, n’est pas loin de Digitalism, soit une garantie de propreté et de (décom)pression, ce bruit de fuite en avant qui monte à mesure que notre taux d’oxygène baisse en parapente. Et on ne serait pas contre de s’élever vers de nouvelles hauteurs ; d’être lâché en rase campagne, en terre plus inconnue encore. Peut-on espérer cela de l’album à venir ? La réponse ne tardera pas à parvenir à nos oreilles. Rupture ou non, il faut célébrer ces artistes ; leur donner confiance – non pas qu’ils en manquent, mais on aimerait les voir s’explorer plus encore.

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