Tout le monde est mort sauf… Shane MacGowan

Shane MacGowanOn en avait parlé à mots couverts il y a peu mais à force de compter les morts, on ne voulait pas lui porter malchance. Espérons que les quelques jours qui viennent ne nous détromperont pas. Après l’hécatombe récente dont toute la presse et les webzines font leur choux gras (et nous avec), s’il y en a un que 2016 n’aura pas et à qui l’on espère de nombreuses années encore, c’est bien l’ami Shane MacGowan.

Tous, tous, sauf Shane MacGowan (et ma mère). C’est le mot d’ordre ici et la résolution qu’on s’est faite car, on a beau pleurer Prince, Bowie, Cohen et quelques autres, il y en a qui sont encore là et qui comptent plus que d’autres. Shane MacGowan a beau n’avoir pas vraiment composé, ni chanté de nouvelles choses depuis un paquet d’années (on doit approcher la quinzaine d’années), l’homme a refait parler de lui il y a quelques jours en apparaissant en forme toute relative pour une opération de charité montée par sa femme et lui.

Habitué pendant des années aux concerts de Noël avec The Pogues, Shane MacGowan était présent à Dublin pour lever des fonds au profit des sans abris. Il a pu chantonner, semble-t-il, quelques morceaux accompagné par le groupe Cronin avec lequel il s’était déjà produit en milieu d’année (voir vidéo). Shane MacGowan est sacrément handicapé depuis un an suite à une fracture du bassin consécutive à une chute (alors qu’il quittait un studio d’enregistrement). Il a depuis enchaîné les opérations et les séjours à l’hôpital, dont un très sérieux épisode lié à une pneumonie, qui avait beaucoup inquiété il y a quelques semaines. Certains ne donnaient alors pas cher de sa peau et de sa capacité à échapper à cette annus horribilis des pop stars disparues. Mais même en fauteuil il bouge encore.

A côté des génies qui nous quittent pour de bon et pour aller y voir de l’autre côté, il y a ceux, comme celui de MacGowan, que la vie emporte et qui s’éloignent à petits pas de leur talent.  On se doute que, malgré ses très belles dents, on est assez loin d’un nouvel album et des fastes poétiques du passé.

On ne peut s’empêcher de penser la même chose de Daniel Treacy, le leader des Television Personalities, et un autre de nos héros, qui n’a jamais récupéré de son accident d’il y a trois ans et vit depuis dans un état très très dégradé. Les nouvelles de ce côté-ci ne sont pas très bonnes et aucune amélioration n’est attendue par personne. Victime d’une agression (liée sûrement à sa toxicomanie) et d’un sévère hématome cérébral, le chanteur le plus cool de Chelsea a passé de longs mois dans le coma avant de se réveiller pour une rééducation contrariée et une série de petits progrès qui, après avoir été difficiles, sont devenus de plus en plus rares. Daniel Treacy n’y est plus pour grand monde en dehors des disques merveilleux qui tournent toujours sur les platines et dont la critique tarde (tout de même) sacrément à redécouvrir l’importance.

Dans la catégorie des génies (jadis) en péril, on extraira en revanche et pour terminer sur une note d’espoir, le flamboyant Peter Perrett qui a joué (un peu) cette année et est apparu en pleine forme, après des décennies de submersion narcotique. Qu’avec 2017, il nous revienne enfin avec un nouvel album et de nouvelles chansons sous l’étiquette de The Only Ones ou en solo. En voilà un autre que 2016 n’a pas épuisé et qui a encore peut-être de très belles choses à donner.

Quoi qu’il arrive et comme disaient Dylan, Nick Cave, MacGowan et leurs amis : Death is Not The End.

Mots-clés de cet article
,
Ecrits aussi par Benjamin Berton

La musique de Babybird accélère la Photosynthèse

La publicité affirme qu’il s’agit de sa première livraison en vinyle depuis…....
Lire la suite

3 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *