Attendre que minuit sonne en compagnie de Girl In Red

Girl In RedOn ne sait rien ou si peu : ni annonce de disque à paraître ni de tournée à venir (on espère même que non, le confinement sied si bien à certains artistes). Juste un nouveau morceau de Girl In Red balancé sur la toile. C’est devenu une habitude, un mode de communication coutumière pour Marie Ulven depuis qu’elle a commencé à composer / enregistrer dans sa chambre d’ado. Elle a déjà distillé un nombre impressionnant de chansons sans plus de formalisme. Le succès de Chapter #1 et #2 réunis sur le vinyle Beginnings (déjà pressé à 10 000 exemplaires quand même depuis 2019) ou sa notoriété grandissante n’y changent rien. Une de ces chansons figure même au générique de The Turning, dont le producteur exécutif n’est autre que Steven Spielberg, mais elle ne semble guère sans soucier.

Elle, elle continue à transcender ses fêlures, à magnifier ses doutes comme depuis We Fell In Love In October (2018), cette confession et épatant manifeste frontal pour une gamine qui lui a valu d’être érigé en porte-drapeau de la communauté gay. Ces histoires deviennent les nôtres et inversement, abolissant ainsi les distances, les différences d’âge et de vécu. Dès lors qu’il s’agit de sentiments et d’émotion, peu importe où on est, qui on est (ou voudrait être). Avec elle, les mots peuvent rester aussi simples, puisque les formules sonnent toujours aussi justes – comme ce cinglant “I’m not your consolation prize“.

Aujourd’hui sur Midnight Love, elle confond le “je” avec le “tu” pour prendre la place de celle qu’elle a fait souffrir. Somme toute une situation que tout un chacun aura connu ou connaîtra. C’est l’universalité et l’intemporalité des histoires d’amour.

Musicalement, Girl In Red donne une dimension nouvelle à sa composition. Pour la première fois, elle a d’abord composé au piano. Si cela ne s’entend guère, toujours est-il que Midnight Love prend de l’ampleur, du coffre, voire même une once d’emphase pour souligner l’aspect dramatique de l’affaire de la romance. On savait déjà la jeune femme capable de trousser des compositions avec les moyens du bord, façon K Records dans les 90’s, maintenant on l’imagine aussi capable de se muer en chef d’orchestre.

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