Fantôme en playlist

Fantôme par Aurore LaurentArtiste ensorceleuse échappée d’un autre siècle, Fantôme (alias Josépha Mougenot) propose ici une playlist à l’image de son formidable album Nabie (Nuun Records / La Baleine) : totalement personnelle, furieusement intemporelle.

Crédit photo : Aurore Laurent
 
 
 
 

Julia Holter – Moni mon amie
Ce morceau correspond au moment où j’ai entendu pour la première fois Julia Holter, c’est un titre de l’album Ektasis.  Depuis, cet album est toujours un choc esthétique, à chaque fois que je l’écoute, celui-ci ou les autres albums ; il y a toujours une nouvelle piste, un nouveau point de focus à découvrir. Les grandes œuvres n’en finissent jamais d’ouvrir des territoires, en musique comme en peinture. Et puis, je connais une petite fille qui s’appelle Moni, alors à chaque fois que j’écoute cette chanson je pense à elle ; j’aime bien ce double rapport à ce titre, un côté abstrait purement musical et le fait que cela me rappelle  cette petite fille qui habitait dans mon immeuble.

Grauzone – Eisbaer
Kant disait que le génie est ce qui donne ses règles à l’art, partant de ce principe comment dire autre chose à part que ce morceau est un chef-d’œuvre ? Eisbaer résonne pour moi comme la figure de la Modernité.

Okkyung Lee – Two to your right, five to your left
Okkyung Lee
est une violoncelliste, compositrice et improvisatrice. La musique improvisée, comme on l’entend ici, demande une grande écoute, une grande concentration de la part de l’instrumentiste, qui utilise tout le corps de l’instrument, allant jusqu’à déconstruire l’idée même de musique, ou bien je dirais plutôt de mélodie comme miroir du « je ». Les arts, entres autres choses,  sont le reflet de l’imaginaire d’une époque et il me semble important de passer par cette déconstruction, allant parfois jusqu’au « bruitisme »… Ainsi, je rêve d’un jour pouvoir entendre la musique qui résonnait dans les cavernes paléolithiques…

Camilla Sparksss – You are awesome
J’adore l’énergie de ce morceau et en ce moment je suis assez intéressée par toute la scène Suisse, aussi bien par la musique que par les arts visuels, la peinture, la danse.

Felicia Atkinson – Against Archives
J’ai découvert Felicia Atkinson cet été car on était programmées dans le même festival, Mon Inouïe symphonie à Dunkerque. Son travail est passionnant et sa démarche est très importante aujourd’hui. Qu’est-ce qui est encore une chanson, un travail sonore, qu’est-ce qui fait « musique » ? Puis, elle a publié beaucoup d’enregistrements, notamment pour le label Aguirre, que j’aime énormément. J’ai tendance à être un peu geek, et quand je découvre un label, j’écoute en général tout le catalogue.

Shopping – Long way home
Je crois bien que j’écoute tous les jours Shopping.

Hope Sandoval and The Warms Inventions Trouble
Ce genre de musique est comme un repère, j’ai beau avoir des obsessions de musicienne j’y reviens toujours. J’adore ces voix, comme celle de Hope Sandoval ou Jennifer Charles d’Elysian Fields, qui sont comme vénéneuses. Ce mystère, cet entre-deux, cette langueur inquiétante, cette langue fourchue qui donne le poison et le remède à la fois.

Pauline Oliveros – A love Song
Mon label Nuun Records a publié beaucoup de musiques expérimentales et contemporaines, notamment un album de Pauline Oliveros (avec Jesse Stewart, « Dunrobin Session »). Pauline Oliveros est une accordéoniste et compositrice. Ce morceau me fait penser à Hildegarde Von Bingen, une compositrice allemande du Moyen-Age.

Magma – Otis
Un jour, à 14 ans, on m’a dit vient on va voir un concert, je ne savais pas à quoi m’attendre, j’ai suivi le mouvement. C’était Magma, le lendemain je commençais le piano jazz et depuis je ne m’en suis toujours pas remise. J’adore ce titre, quand je danse dessus, c’est comme une leçon de musique.

Rameau – L’entretien des Muses
Il pourrait être écrit aujourd’hui, joué au synthé, peu importe, la puissance évocatrice de ce morceau est magique, bah oui quoi ! Faire de la musique c’est un peu magique, non ?

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