[Musique de l’intime et algorithmes #1] – Aujourd’hui, Closed Tear

Closed TearA l’heure où le respect des libertés individuelles est au cœur de biens des débats de société, on n’est plus à un paradoxe près. Merci donc aux algorithmes de Big Brother de nous avoir conduit à découvrir aujourd’hui Closed Tear. Si on ne se souvient plus bien ni comment ni par quel truchement on est arrivés jusqu’à eux, on peut supposer, après recherche, que les serveurs de métadonnées avaient enregistré à notre insu que nous pistions Death Bells avec qui Closed Tear a partagé l’affiche pour quelques dates de concert. C’est bon signe, mais bien peu, tant ce qui ressemble au projet individuel de Christian Morales avec plusieurs musiciens (on en compte 5 ou 6 selon les photos) plutôt que réellement à un groupe, est avare en information. A l’heure de la médiatisation à outrance, voilà qui est singulier. Il est aussi déroutant de découvrir sur la page Bandcamp du « groupe » une flopée de singles, dont la plupart dépassant à peine les deux minutes, et un chouette mini-album (Nada Es Para Siempre) mis en ligne en février dernier. Pour autant, Closed Tear n’a rien d’autres à vendre que… des tee-shirts, des affiches et des tote bags à son effigie ! Tout ça respire le Do It Youself, le souffle passionnel désintéressé, l’urgence de la créativité.

Basé à Los Angeles, Closed Tear navigue entre dreampop mal fagoté et post-punk. Une boite à rythme plus ou moins inventive, une grosse ligne de basse qui se dérobe au moment de tenir le rythme et une guitare qui tricote des mélodies s’entremêlent au chant mélancolique qui sait se taire pour laisser filer la mélodie.

Comme chez le grec Vagina Lips, dans un format analogue (allez donc écouter Lie Awake), les influences sont multiples : certes globalement cold-wave / new wave mais sans s’interdire un beat disco sur Luna ou une reprise de Linkin Park (My December). Indubitablement, elle sont issues d’un autre temps, mais pas si faciles à discerner une fois refondues dans un format minimaliste. On peut voir dans cette façon de bâtir des chansons sans refrain le même entêtement que chez les groupes russes qui se sont engouffrés dans le sillage de Motorama (comme sur Regret ou LMK). Dans ses inflexions plus pop, un morceau tel Crush ne dépareillerait pas sur le catalogue de Captured Tracks entre Beach Fossils et DIIV. Les plus perspicaces noterons que la structure de Chartreuse sonne comme une démo de feu I Love But I’ve Chosen Darkness.

Pour se convaincre de l’intérêt de ce projet qui ne semble avoir d’autre prétention que d’expier le trop plein d’émotion de son auteur, on vous invite à découvrir Time, dernière bombinette catapultée hors de sa chambre à la nuit tombée.

Lire aussi :
[Musique de l’intime et algorithmes #2] – Aujourd’hui, Lurve

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