Singles de l’été (10) : SebastiAn fout le feu à London Grammar

London Grammar, SebastiAn - Dancing By Night London Grammar est un groupe impeccable, propret, bon sous tous les rapports. Un groupe bon à marier, dont le seul et unique défaut est sa perfection. On l’aime, tout comme on adore le fulminer avec parcimonie. Nous avons beaucoup apprécié CalifornianSoul, leur dernier album, même si nous sommes persuadés que le groupe peut monter encore plus haut dans les cimes. Avec Dancing By Night, le groupe s’accouple le temps d’un single avec SebastiAn, dont on parlait il y a peu en bien, pour ces travaux avec Juliette Armanet (son morceau Vertigo était le meilleur moment de Brûler le feu) comme en un peu moins, pour son superficiel remix de Giorgio Moroder pour Gaspar Noé et YSL ; mais tout de même, il faut l’avouer : on s’est bien amusé avec lui.

S’il est entendu qu’une collaboration mettant au même niveau deux artistes (un « SebastiAn & London Grammar » et non un « Londong Grammar ft. SebastiAn », c’est technique tout ça) vaut pour une collision à égalité de leurs deux univers respectifs, ce n’est pas malheureusement ce que nous avons ici. Dancing By Night est un pur morceau de London Grammar, SebastiAn semblant s’effacer humblement, trop timidement peut-être, derrière la si divine voix d’Hannah Reid. On se pose alors les questions suivantes : est-ce qu’Hannah Reid partage notre humanité? va-t’elle aux commodités?, etc. On sent le frémissement électronique, la machine synthétique, bien rutilante, prête à bondir. Et on le désire vraiment, ce face-à-face, ce quelque chose de l’ordre de l’accouplement, juste et partial, à égalité, 50 / 50.

Plus encore qu’avec l’album Rest de Charlotte Gainsbourg, SebastiAn semble officier plus comme producteur qu’acteur de premier plan, se laissant envelopper dans les ténèbres glacés du groupe, croquant un mollet par-ci, mordillant un genou par-là, sous la table, caché sous la nappe. Les hommes, qu’il s’agisse de SebastiAn, Dot Major (à la batterie) ou Dan Rothman (à la guitare), devraient cesser de se cacher de Reid, même s’il est convenu qu’elle incarne ce groupe. SebastiAn n’en est pas, aux dernières nouvelles.

C’est presque un morceau guilleret que nous avons ici : « I’m sorry if I always seem to slip away / I disappear when you get close / I know I always seem to make the same mistakes / But I’m hoping that won’t matter anymore« . Tout est pardonné, chère Hannah. Mais, a priori, ce n’est pas toi mais eux qui semblent avoir disparu. Et le clip, dénué de notre français, semble abonder encore dans ce sens. Le morceau, par la présence du DJ français, semble envoyer quelques signaux aux auditeurs de la scène voisine électronique ayant toujours apprécié de près ou de loin le groupe. Une cargaison de remix semble à venir. Dancing By Night reste un petit bonheur de titre, d’une clarté éthéréenne.

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