[L’Album Idéal #4] – Daft Punk / Phantom of The Stars

Daft Punk - Phantom of The StarsDeux robots vous manquent et tout le cosmos s’en voit dépeuplé. Cela fait un an que nos robots ont débranché leur batterie. Et depuis, l’univers est silencieux. L’heure est donc venue de se pencher sur leur testament. Sur le dépotoir servant de pierre tombale, on aperçoit les chiffres suivants : 1993 – 2021. 27 ans de félicité, d’une allégresse ponctuée de grandes attentes.

Il suffisait d’observer l’internet s’affoler dès qu’une annonce est faite pour comprendre leur poids dans la pop culture. Pas plus tard encore qu’en février, la toile a cru en une renaissance (ce qui, en soit, ne sera jamais improbable) alors que Parlaphone Music n’annonçait qu’une simple réédition – surprise, certes – de Homework pour ses 25 ans. De leur vivant déjà, chaque rumeur se voyait scrutée, et on ne savait plus si la réaction des fans étaient due à des espoirs transis ou provoquées par des actions publicitaires minutieuses pour appâter l’impatience. Les derniers bruits de couloirs semblaient avancer que le duo bûchait sur la bande-son d’un Dario Argento. Dressons leur inventaire. Quatre albums seulement, dont un dernier inégal, mais tous fascinants à leur manière. La bande-son d’un blockbuster, par moment assez géniale. Un moyen-métrage d’art et d’essai dénué de musique d’eux. Quelques remix et collaborations, allant de 113 à Kanye West, d’I:Cube à The Weeknd. Et surtout, tant de mystères et secrets.

Comme tant d’autres artistes de la french touch bourgeoise, les Daft Punk sont des enfants du rock avant tout. Pendant le lycée, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo fondent le groupe Darlin. Excellent titre de groupe pour des débuts pas si brillants ; la réussite commence toujours humblement. Puis les ados s’attaquent aux boîtes à rythme. Et là, pour les boîtes de nuit, c’est le drame : les Daft sont nés.

S’inspirant de l’esthétisme du Phantom of the Paradise de Brian de Palma pour leurs casques, le tandem aura conçu quatre albums distincts dont on se rend compte, plus encore aujourd’hui, de la finesse de leur architecture, compacte et nervurée : outre le parfait équilibre intérieur entre action et émotions, on perçoit, malgré les univers tout à fait différents des albums, des filins les reliant, allant d’un début vers une fin semblant avoir été pensée à l’avance (le dénouement de Daft Punk’s Electroma en témoigne). Une naissance dans les caves parisiennes, sombre mais vivifiante, s’achevant par une conclusion populaire et glorieuse mais aussi – serions-nous assez fous pour faire tomber leurs masques? – désabusée, teintée de cynisme : celui du triomphe de l’argent et du règne du spectacle. Là peut-être s’explique la raison secrète de leur abandon. Un abandon que l’on pourrait penser, ex-post, comme une panne d’inspiration, un dégoût travesti en feu de joie populaire et en manne d’argent, ne pouvant s’achever autrement. Outre une véritable misanthropie à peine cachée derrière les voiles (mais que leurs premiers entretiens décèlent) – et rendant d’autant plus perplexe le chaland lorsqu’il découvre un album aussi enivrant de générosité, que Discovery – ou un rapport ambigu avec la société de consommation (ils étaient devenus les excellents pubards qu’ils exécraient), les plus pinailleurs pourraient également leur adresser le grief d’avoir eu tendance à se voir traversés par plusieurs éclairs de génie, plutôt que d’avoir offert des albums géniaux, parfaitement polis. Ils n’ont peut-être pas complètement tort.

Pourtant, notre album idéal est à même de les faire douter. Le fait est que les Daft – et c’est en cela qu’ils constituent un mystère – ont toujours été traversés par des inconscients contraires, tiraillés par l’envie d’être entendu et la détestation du mainstream, qu’ils ont pourtant, vers la fin, plus ou moins inconsciemment voulu incarné. Ce n’est pas pour rien qu’ils se sont costumés en robots pour critiquer cette même technologie, tout en n’oubliant de célébrer, quelques fois, les quelques vertus, dont la première aura été d’avoir rendu possible cette aventure musicale. Revenons à la structure de nos quatre albums. Certains morceaux n’hésitent pas à se répondre d’un album l’autre. En somme, on décompte un excellent premier album artisanal et underground (Homework), un autre brillamment progressiste (Discovery), un réactionnaire (Human After All), et un autre résolument sirupeux (Random Access Memory), bien plus pop encore que Discovery. Et mauvais. En soit, tout ce qu’ils ont toujours conspué. Et c’est en cela que le groupe était fascinant. Pour une évolution, ç’en est une.

01. Robot Rock (album Human After All, 2005)

Le sphère musicale les reconnait maintenant comme des pionniers, comme ceux ayant changé le visage de l’électro pour l’offrir aux oreilles d’un grand public encore néophyte. Mais on oublie leurs connivences avec celles de la… planète rock (tout autant que du hip-hop, du funk et du disco). Comme évoqué, le duo naît juste après la dislocation de leur groupe de lycée, qui comptait également Laurent Brancowitz, un p’tit gars qui ne tardera pas à rejoindre… Phoenix! Eh oui! Loin d’en sortir rancuniers, les robots n’oublieront pourtant jamais la culture des guitar heroes, tant elle transparaissait dans le gigantisme de leurs concerts, leur musique et ses quelques messages contestataires. On en veut pour preuve leur impressionnant Robot Rock, traversé par un souffle rockisant Kraftwerk, électronisant Breakwater.

02. Fresh (album Homework, 1997)

On ne pouvait trouver meilleure transition avec le morceau précédent. Intéressant de remarquer que le morceau débute par une gratte éreintée pour laisser progressivement sa place au bruit de vagues puis à des nappes électro continuellement répétées. Adieu le rock, on ne t’oubliera jamais! Voilà la signature des Daft : la réitération tourneboulante. C’est cette musicalité grasse et filtrée, dont les défauts sonores (crépitements, grésillements et autres bruitages) deviennent des charmes, qui confèrera ainsi ce rendu hypnotique qui leur collera à la surface. Faisons place aux sonorités stimuli qu’éprouve le Nouvel Homme itératif, mais encore secrètement mélancolique, car l’an 2000, à la fois fait de promesses merveilleuses mais inquiétantes, arrive! Errant seul telle une fourmi parmi les buildings, Fresh est destinée à le sortir de sa léthargie, à réveiller ce reste d’humanité dès le soleil couché.

03. One More Time / Aerodynamic (album Alive 2007, 2007 – originaux issus de Discovery, 2001)

Il faut se figurer le choc que peut constituer la découverte d’un morceau comme One More Time pour un enfant. Nous avons retrouvé un petit garçon de l’époque, qui a depuis beaucoup grandi. Voici son témoignage : « Je crois qu’on était en l’an 2000, un avant la sortie de l’album. À l’époque, les animés et manga battaient leur plein, et la découverte d’un dessin animé japonais constituait la promesse d’interdits, tout du moins d’aventures joyeuses « pour les plus grands ». Quelle fût ma surprise en tombant sur M6 à l’heure des clips! De voir ces dessins animés plaqués sur cette musique si euphorisante, avec ces vaisseaux spatiaux, ces extra-terrestres, bref, on avait envie de vivre dans une telle musique! Les gamins ressentaient une envie folle de prolonger l’expérience avec le film – j’appris plus tard qu’il s’agissait d’un extrait d’Interstella 5555 de Leiji Matsumoto, le papa du héros de mon père, Albator. Daft Punk nous apportait l’excitation des dance-floors à hauteur d’enfants, enfin, disons même : à tous le monde! Leur musique semblait sans vulgarité : elle servait des causes beaucoup plus larges et nobles! Quel hymne! Il suffisait d’aller dans le grand jardin ensoleillée le samedi pour l’entendre au-delà de la palissade, à chaque fête ou match! Et même quand les tours new-yorkaises tombèrent, elles ne turent jamais l’entrain, la ferveur de ce titre – comment dire – disons transgénérationnel, voilà. C’était un peu comme si l’humanité se lançait vers le futur avec le sourire, dans un même saut. Bref, en parlant de cela, ça me rappelle les fois où, plus tard, je les ai vu en concert, plus tard (ils avaient déjà arrêté de se produire en club, à moins de le faire en solo). Le morceau reste encore très prisé en festival, mais sans eux, c’est comme si la magie n’était pas vraiment là. Rien ne vaudra la vision, l’effervescence du concert à Coachella de 2007. Bref, on avait envie de grandir, on abordait l’âge adulte, apaisé, comme une aventure pleine de mystères encore inconcevables. Il me manque un peu, ce temps innocent… »

C’est d’ailleurs cette version mixée (en medley) et issue du live de Coachella que l’on incorpore. Les Daft refusaient, tout du moins lorsqu’ils portaient leur casque, de porter la simple casquette – pas encore très populaire – de DJ, de n’être « que » cela. Par exemple, aucune autre musique de producteur ne passait dans leurs mix (ce qui, chez les autres disk-jokey, inspirait un snobisme de leur part tout autant qu’une grande déférence). Ce qui les rapprochait plus des concerts de rock que des DJ sets. Un concert des Daft, c’était la grand-messe. L’occasion d’écouter des enchaînements de titres travaillés en amont. Comme ici avec Aerodynamic sur lequel s’enchevêtre la voix de Romanthony.

Qui dit animé japonais pense cavalcades et dangers. Aerodynamic est un formidable morceau non pas parce qu’il est télégénique, mais parce qu’il allégorise à merveille la poursuite. Quand le premier motif, corps principal formant la piste, répétée à outrance, se voit rattrapée par un riff de guitare vraiment – là encore, oui – très agressif pour ensuite muter en notes de claviers aériennes, on se dit que, décidément, Discovery est une odyssée de bout en bout.

04. Revolution 209 (album Homework, 1997)

Revolution 209, voilà un titre qui nous inspire, tellement révélateur de l’ambiance lugubre des mégalopoles de la fin du XXème (noires, assez sales, accélérant la fracture entre extrêmes pauvres et extrêmes riches, mais fascinantes tout de même) et du monde de la nuit qu’elles dissimulaient. Dans ces semi soirées mondaines, on danse, on danse à n’en savoir donner de la tête. On se soûle pour oublier les journées abrutissantes. Il y a du beau monde, mais tous ont l’air d’être aussi étrangers au monde que nous. Au même moment, en cette nuit quelconque, les échanges monétaires continuent leurs mouvements fluides. Les usines produisent à la chaîne, à n’en savoir que faire. Hop, transactions. Le cours du monde continue, sans jamais connaître le mot « arrêt ». Nous, on est béni, on est en haut, on tente de s’amuser en faisant semblant. Des hommes meurent, le capital tourne, et pourtant, considérer tout cela comme pouvant coexister semble irréel. Tout cela en quelques microsecondes. Et pourtant, ressorti de cette rêverie mercantile… Rien n’a changé, on est toujours aussi seul.

05. The Brainwasher (album Human After All, 2005)

The Brainwasher est probablement leur morceau le plus mastoc, celui qui renoue avec la veine bruitiste et grésillante de leurs débuts. Human After All est décidément l’album du désabusement brutal. Il semble presque résulter d’une démarche militante, l’album ayant résulté d’une lecture de 1984. Conçu en moins de deux mois, alors que les Daft sont connus pour leur lenteur perfectionniste, leur pâte rock est de retour, celle qui avait presque disparue avec Discovery, une rage folle audible par ce martèlement et sa gradation. Les Daft apparaissent comme deux maillons à bord d’une machine devenue folle, voulant sauver l’humanité d’elle-même. Deux infiltrés dotés de conscience critique et qui dénonceraient, un peu comme dans Invasion Los Angeles de John Carpenter, l’aliénation dont nous sommes victimes (Prime Time of Your Life ou Television Rules The Nation ressemblent à des flash orwelliens). Les Daft Punk, lanceurs d’alerte avant l’heure?

06. High Life (album Discovery, 2001)

Peu de gens le savent, mais les Daft ont toujours hésité entre célébration et dénonciation du nouveau monde. Rongés par un pessimisme rare qui se traduisait, derrière les masques, par un certain dédain ne les rendant pas des plus sympathiques, le morceau High Life est pourtant un chef-d’œuvre semblant nous donner à lui seul tort. Même si High Life révèle (illustré par le film Interstella 5555) la superficialité du show-biz, elle est gonflée aux paillètes et à la vivacité, à une exaltation à vous remplir. Tourné vers l’espace plutôt que les fils souterrains de la matrice, est leur plus allègre, leur plus optimiste, celui d’un futur victorieux tournant ses espoirs vers le ciel.

07. Burnin’ (album Homework, 1997)

Les débuts de la musique véritablement électro, se revendiquant comme telle, ont pour beaucoup investi dans la répétition et l’échantillonnage, système D oblige, ce qui, artistiquement, donna … la transe, effet vaudou déjà recherché par le pan de la musique noire. Avec les Daft Punk, le son cracra tayloriste, tacheté et lowtech devient un style clairement revendiqué. Mais entremêlé de sonorités émollientes du funk, rendant l’ensemble étrangement addictif. Commençant comme une vulgaire succession de bruitages, ces-derniers se voient entourés par des sonorités futuristes pour en devenir le futur métronome de nos nuits parisiennes. Écouter Burnin’, c’est comme entendre la sueur des studios sous-terrains s’échauffant, les vinyles tournoyant.

08. Veredis Quo (album Discovery, 2001)

Attention morceau culte, et France Culture n’y est presque pour rien tant la puissance mélancolique avait déjà fait tout le boulot chez Veredis Quo. Le tandem robotique est apte à livrer des morceaux intimes et introspectifs, morceaux encore assez rarement présents dans les albums même de compositeurs électro renommés. La mélodie ainsi que les notes tri-dimensionnelles, réverbérées, fluorescentes, délivrent tout le travail. Veredis Quo s’écoute en fumant dans la véranda, à l’heure vespérale où les nuages bleus du ciel d’Uranus embrument nos pensées.

09. Steam Machine (album Human After All, 2005)

Un peu comme The Brainwasher ou Alive, Steam Machine est une des musiques les plus assommantes du duo. C’est un peu comme entendre une armée de cyborgs se diriger vers nous en fanfare. Ou découvrir que les machines ont mis l’emprise sur nous, sont parmi nous. Rassurez-vous, vous êtes en safe zone. La France va se relever, car elle n’a jamais été aussi mal! Votre président est médiocre, et c’est en cela qu’il est génial! Il va vous apprendre à bien vous comporter. À ne plus devenir vivant. Aliénation, asservissement, tels sont nos outils! Succombez encore une fois aux sirènes des machines, bon petit toutou docile que vous êtes! La guerre? C’est la paix! Le Covid? C’est le grand Reset! Tout va pour le mieux du monde. Car, chez nous, le mensonge, c’est la vérité! Avec nous, la France est au main des robots. Alors, en marche toute vers notre extinction! Et avec le sourire!

10. Derezzed (album Tron : Legacy – Original Motion Picture Soundtrack, 2010)

Intimidant, vertigineux et baroque, les Daft se lâchent complètement en endossant notamment le morceau-signature de la suite de Tron, Tron : L’Héritage, film phare d’une certaine nostalgie qui est la leur, celle du premier âge. Ils n’oseront jamais l’avouer, mais c’est probablement avec ce court morceau de leur bande-son que les robots laissent transparaître le mieux leur nature et l’excitation d’ouvrir la boîte de leur enfance. Tout est dit.

11. Make Love (album Human After All, 2005)

Les androïdes rêvent-ils d’amour électrique? Make Love est la preuve que le génie peut même éclairer les titres ne payant pas de mine. Petit morceau lo-fi avant l’heure, plastiquement humble, il s’érige comme un morceau universel, la faute à un piano, à une voix et quelques bribes de notes sanglotantes cybernétiques, prosaïques, presque grossières dans leur forme, mais d’une humanité criante. L’amour a ses réseaux que les réseaux ne peuvent capter…

12. Superheroes (album Discovery, 2001)

Transporté et passionné, les Daft Punk sont au meilleur de leur optimisme avec Discovery, second album qui se démarque par une emphase pop qui détonne de leur premier Homework. Superheroes est traversé d’une allégresse débordante d’élan. Refusant de choisir entre la musique de caste et une musique globale, il aura suffit pour les Daft de voler un simple aplat de voix (celui de Barry Manilow), de l’orner de notes pleines de verdeur apprise chez le précepteur Giorgio Moroder, pour rendre l’ensemble tout simplement… revigorant.

13. Contact (album Random Access Memory, 2013)

Random Access Memory est peut-être le plus formaté de leurs albums. Le plus célébré par la critique, et pourtant le moins bon. Quand la critique rate le virage des premiers albums par dédain, elle tente de se rattraper systématiquement par un retour stupidement positif, c’est ainsi. Avouons-le : il est même assez mauvais (Get Lucky et Lose Yourself To Dance n’ont absolument rien de transcendant). Pourtant, c’est dans ses recoins les plus secrets que se cache sa substance. Contact, point final de l’album, et même du groupe (à part des travaux de productions, les Daft n’ont rien sorti entre cet album et leur séparation), par défaut ou opportunisme, referme la boucle en revenant à l’orchestre instrumental. Il est, en quelques sortes, l’apogée d’une humanité enfin retrouvée. C’est tout comme si ce morceau avait été pensé pour illustrer leurs adieux. Long de six minutes, le morceau s’achève dans un vacarme technologique suivi d’un silence intersidéral. Depuis, l’espace ne nous regarde plus danser.

Bonus : The Chemical Brothers – Life is Sweet (Daft Punk Remix)

Bon, on allait pas finir un [Album Idéal] d’un groupe électronique sans évoquer son meilleur remix. Impénétrable et évasif, le Life is Sweet des Chemical Brothers repassé à la moulinette Daft change du tout au tout, dépossédant ses géniteurs. À cette période (la fin des années 90), il n’était pas rare que les remix officiels déshabillent tellement l’original que l’on en venait à s’interroger sur un quelconque lien de parenté. Car oui, à l’époque, dès qu’un nouvel artiste avait la chance de se voir commander un remix d’un artiste prestigieux, il faisait tout pour imposer sa griffe. On soupçonnerait presque ici les Daft Punk d’avoir envoyé une ancienne maquette de leur cru en guise de « remix ». Entêtant, énigmatique, c’est l’an 2000 qui vous parlait à travers ce titre…

Autres suggestions :

  • Revolution 209 (album Homework, 1997),
  • Digital Love (album Discovery, 2001)
  • I:Cube – Disco Cubizm (Daft Punk Remix) (compilation Musique Vol. 1, 1993 – 2005)
  • Musique (compilation Musique Vol. 1, 1993 – 2005),
  • The Prime Time of Your Life (album Human After All, 2005),
  • Television Rules The Nation (album Human After All, 2005),
  • Emotion (album Human After All, 2005)
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