Manyfingers / The Spectacular Nowhere
[Ici d’Ailleurs / Differ-ant]

manyfingers the spectacular nowhereSouvent dans l’ombre de Matt Elliott / Third Eye Foundation, Chris Cole pourrait se gausser d’avoir un curriculum vitae bien rempli entre collaborations (Movietone, Bracken, The Declining Winter, …) et nombreuses compositions sur commandes (musiques de films et surtout de documentaires pour la BBC). Mais l’homme est plutôt discret et modeste. Même quand il s’agit de son propre projet musical, Manyfingers, qu’il avait mis en sommeil pendant une éternité : un album en 2004 (ManyfingersMoteer), un autre en 2005 (Our Worn ShadowAcuarela), puis le silence jusqu’à un EP, sorti sur Ici d’Ailleurs, en 2012.

Aujourd’hui, le Britannique revient avec un copieux album qui marque un net tournant dans la conduite du projet. Jusqu’alors Manyfingers se définissait comme un « one-man band » et si le terme n’est pas aussi connoté, on dirait que Chris Cole est un prodigieux homme-orchestre. Passant d’un instrument à l’autre, l’auteur-compositeur les interprète seul, lançant une rythmique à la batterie (où il excelle) ou au piano, se samplant et interprétant ensuite de la guitare, du hautbois, du cor, de la basse, du violoncelle, etc.. Sur le DVD qui accompagnait son deuxième album, on voyait ainsi le musicien jouer l’album dans les conditions du live : exercice bluffant et fascinant, tant la musique de Chris Cole est d’une incroyable richesse instrumentale. Pour The Spectacular Nowhere, il a cette fois-ci invité quelques amis a participé à ses compositions orchestrales (comme en atteste le tracklisting commenté ci-dessous). Mais pour autant, Chris Cole est seul maître à bord.

Alors, même si l’apport du chant scandé de l’ancien Moonshake (David Callahan), des chœurs distanciés d’Ida Alfstad, de la touche de violon de Chapelier Fou ou des apparitions bien plus fréquentes de Peter Hollo (Fourplay), permettent de donner un peu plus d’ampleur encore, c’est surtout le talent de Chris Cole qui saisit. D’ailleurs, les « chansons » qu’il interprète seuls sont probablement les plus intransigeantes, les plus marquantes, comme Alone in My Bones, It’s All Become Hysterical ou encore Erasrev sur lesquels son chant incroyablement rythmique fait des merveilles. Alors, oui, en tant que musicien surdoué, il a très certainement forcé la dose sur les cuivres (et le cor ?) cette fois-ci, mais The Spectacular Nowhere est une œuvre ambitieuse. Et unique.

Tracklist
01. Ode to Louis Hardin
02. the dump pickers of rainham
03. Erasrev
04. No Real Men
05. 70
06. Alone in My Bones
07. Go Fuck Your Mediocrity
08. It’s All Become Hysterical
09. The Spectacular Nowhere
10. From Madam Hilda Soarez
11. Le Problème de Charbon
12. Triplets
Bonus track:
13. The Neutering of Stanley
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