[Playlist] – Les albums oubliés de 2022 chez SBO (Épisode 1) : on n’a pas encore fêté la nouvelle année !

Les albums oubliés 2022Écrire pour Sun Burns Out n’est pas une sinécure. Si jamais vous en doutiez, aucun de nous ne touche le moindre kopeck pour cela et l’activité engloutit une bonne partie de nos temps libres ou morts qui, comme c’est le cas pour tout le monde, ne sont pas toujours d’une régularité helvétique et surtout rarement en phase avec l’actualité parfois chargée et brulante des sorties d’albums. Alors on s’adapte mais il y a des loupés : parce qu’on manque de temps, parce qu’on cherche, en vain, la petite accroche qui fait démarrer le travail d’écriture, parce que la rencontre avec le disque ne se fait pas comme imaginée, parce qu’on ne veut pas en dire du mal malgré la déception, parce que tout a déjà été dit, mieux souvent. Autant de bonnes raisons qui font que vous n’aurez pas lu en 2022 ce que nous avons pourtant eu, à un moment ou un autre, l’intention d’écrire sur ces albums oubliés de l’an passé.

Fontaines D.C. Skinty FiaFontaines D.C. – Skinty Fia [Partisan]

Voilà l’exemple d’un disque intimidant sans doute parce qu’après s’être longtemps tournés autour, entre déception et incompréhension, il scelle pour de bon le début de notre histoire d’amour avec Fontaines D.C., probablement durable et merveilleuse. Il n’est jamais évident d’écrire à propos de ses propres histoires d’amour. Disque ouvert et lumineux, presque tendre parfois, Skinty Fia donne véritablement le sentiment d’assister à l’éclosion d’un groupe qui fera date dans l’histoire du rock. Sans jamais oublier ni renier ses racines post-punk et une forme de rage qui s’exprime dans la gouaillerie ténébreuse de Grian Chatten, les irlandais franchissent indéniablement un palier en termes d’écriture, offrant une collection de chansons accrocheuses mais sans concession. En témoignent les pas moins de quatre singles impeccables (sur les dix titres que compte l’album) qui ont jalonné la genèse, la naissance et les premiers mois de la vie de Skinty Fia : de l’irrésistible tourbillon de Jackie Down The Line à la chevauchée mafioso-Pavement-esque Roman Holiday en passant par l’une des plus belles déclarations d’amour qui soit, promise à bien des St Valentin même si c’est d’une terre et non d’un être qu’elle parle, la bien et fort simplement nommée I Love You. Quand un album ressemble à une compilation de single, c’est généralement qu’il se passe quelque chose de bon. De très bon.

Rolling Blackouts Coastal FeverEndless Rooms [Sub Pop]

Rolling Blackouts Coastal Fever - Endless RoomsRencontrés en plein confinement avec leur second excellent album Sideways To New Italy dont la découverte fut, pour le coup par intérêt autant que par désœuvrement couplée à celle de son ainé et brouillon Hope Downs, les australiens de Rolling Blackouts C.F. avaient la lourde tâche d’enchainer avec un troisième album chargé malgré lui de faire oublier tous les bienfaits que son délicieux prédécesseur avait pu brillamment apporter au cœur de ces temps particulièrement troublés. Endless Rooms a échoué. De peu, mais la mission était sans doute trop complexe. On en est tous persuadé ici, la musique n’est pas qu’un produit de consommation qui se saucissonne, se streame et se délaye dans des playlistes d’ambiance pour ne plus constituer qu’un simple bruit de fond. Non, la musique, c’est un rapport qui se construit avec un artiste et son œuvre, ses œuvres qui se succèdent, pleines d’intentions différentes et débarquant dans des contextes tout aussi variés. Endless Rooms n’a rien du tout d’un disque raté : tout aussi enjoué, lumineux et choral que son prédécesseur, doté lui aussi de quelques tubes imparables (The Way It Shatters, Blue-Eye Lake), il peine juste à raviver, malgré ce que tente de laisser croire son très bel artwork nuit & or, la flamme qui illuminait Sideways To New Italy.

Beach HouseOnce Twice Melody [Bella Union]

Beach House - Once Twice MelodyLe huitième album de l’un des groupes les plus hype de la scène indépendante est un monument. Au sens premier et massif du terme, dense et imposant avec ses quatre chapitres, ses dix-huit morceaux et son heure presque et demie, impossible de s’y attaquer sans un bon équipement, des réserves d’eau et de nourriture et de quoi bivouaquer au cas où la météo changerait soudainement. Bon, pour ça, pas trop de risque à vrai dire : sur Once Twice Melody, Beach House fait du Beach House en soignant particulièrement la forme, précise et classieuse, comme toujours, mais avec un surcroit d’ambition dans son approche harmonique plus ample qu’à l’habituel ; aucun doute, tonton Michel (Legrand) en aurait été très fier. Et pour cause, pratiquement rien n’est à jeter : le duo fait preuve d’une grande maitrise dans son écriture et son interprétation et livre quelques titres parmi les plus beaux qu’il ait écrit que ce soit du côté des très 80’s Superstar ou New Romance, le magnifiquement pastoral Over And Over ou The Bells et Many Nights, deux chansons aux atmosphères particulièrement Dahoiennes. Seulement voilà, l’ensemble ne fonctionne pas. Trop long probablement, on en arrive à perdre le fil, on se fatigue à essayer de le retendre pour finir par se perdre, ne sachant plus trop où l’on se trouve dans le disque. Once Twice Melody a le charme d’un bon album de Beach House, ce qui ne serait qu’un pléonasme s’il n’avait pas aussi le défaut de ces disques conceptuels épuisants.

Built To SpillWhen The Wind Forgets Your Name [Sub Pop]

built-to-spill-when-the-wind-forgets-your-nameSi on voue à Doug Martsh, maitre à penser et médiator en chef chez Built To Spill, une saine et franche admiration, c’est parce qu’à travers ses aventures qui ont fini par le conduire à piloter seul son navire, il a su synthétiser tout ce qu’on aimait dans le rock américain, jusqu’à devenir le seul guitariste dont on puisse supporter jusqu’à la délectation les effets de manche et les soli interminables normalement rédhibitoires. Seulement voilà, si la carrière de Built To Spill est faite de hauts et de bas, When The Wind Forgets Your Name qui a la lourde tâche de succéder à l’emballant Untethered Moon de 2015 se retrouve un peu au creux de la vague. Ni la pochette façon art naïf, ni l’inédit backing band brésilien (Lê Almeida et João Casaes du groupe de rock psyché Oruã) n’apportent au disque la petite touche de nouveauté attendue et les 9 titres s’étirent dans un classicisme convenu, un peu habituel chez Built To Spill mais d’ordinaire souvent compensé par une dynamique affriolante ou quelques secrets de fabrication (un refrain entêtant, une mélodie chiadée, un solo d’anthologie) qui manquent un ici, à part sur un Spiderweb qui pioche un peu dans les 3 ingrédients secrets ou le moins habituel Rocksteady joué sur un tempo plus chaloupé qui s’achève carrément sur quelques notes dub. Dommage : ça n’est pas seulement un nom que le vent emportera, mais bien tout cet album quand il faudra se retourner sur la discographie de ce groupe au demeurant essentiel.

Cool Sounds – Like That [Chapter Music]

Cool Sounds - Like ThatAlors oui, on a adoré Hello, Allright, You Got That ? premier extrait de Like That, le cinquième album des australiens de Cool Sounds. Avec ses faux airs de Talking Heads, il s’inscrivait dans la lignée de la discographie du groupe faite de moments fun et enjoués, gentiment dansants, pop synthétique ou plus folk et laissait penser à un album plein de bonne humeur et de couleurs criardes avec son escargot coverstar, mi yoyo, mi robot, petit animal iconique de l’esprit twee pop. Las, il est bien de tout cela à la fois, un peu trop même. Il faudrait sans doute savoir ce que l’on veut, c’est vrai. Mais on n’était pas prêt à tant de funk, de percussions festives, d’explosions de paillettes et de chœurs enlevés, le tout dans un esprit que ne renierait probablement pas les fans de Metronomy. Il aura alors fallu de longs moments d’écoutes alternant avec des temps de digestion de cette orgie sucrée pour mieux entrer dans un disque qui derrière ses oripeaux funky cache, comme on pouvait s’y attendre, le talent d’écriture d’un Dainis Lacey, figure centrale d’un groupe à géométrie variable qui ne nous avait jamais déçu jusque-là. A bien y réfléchir, Like That est le disque d’un groupe qui ne se fixe aucune borne et explore avec allant toutes les directions musicales qui lui chantent. Si ça ne fonctionne pas à tous les coups, c’est bien de cet esprit de totale liberté qu’il faut se réjouir. Et puisqu’il est question de liberté, jeunes et aventureux, Cool Sound embarque instruments et sacs à dos pour une jolie tournée européenne en cette fin janvier/début février avec, c’est à souligner, la part belle faite à l’hexagone et plusieurs occasions françaises de découvrir la joyeuse troupe.

Liens 2023 Eurotour
31.01 Lille – L’Aéronef
02.02 Amiens – La Lune Des Pirates
03.02 Tours – Allotropiques Festival
04.02 Angers – Jokers Pub
05.02 Rennes – Les Pies Chicaillent
06.02 Limoges – Jean Gagnant
07.02 Paris – Point Ephémère
08.02 Colmar – Le Grillen

EggSA Glitter Year [Howlin’ Banana / Prefect Records / Safe In The Rain]

EggS - A Glitter YearTout a été écrit ou presque, qui plus est avec un enthousiasme que nous partageons totalement sur A Glitter Year, premier album des franciliens de EggS, à ne pas confondre avec leur homonyme vétéran de la scène américaine liée au label Teen Beat dans les années 1990. Implantés en province, prompts à défendre les couleurs musicales de quelques régions chères à nos cœurs (les bords de Loire, la Bretagne, le Sud-Ouest), on en viendrait parfois à oublier que le principal vivier musical en France se trouve au cœur et autour de sa capitale, tout comme le label Howlin’ Banana dont on suit depuis un moment l’excellent travail de défrichage. On découvre avec ce premier album un groupe dont on ne connait pas la moindre des ambitions mais qui s’en donne quoiqu’il en soit les moyens. Au-delà des influences qui reviennent fréquemment (à commencer par l’évident Dunedin sound de The Clean, The Chills ou des Bats qui eux étaient de Christchurch), le groupe impose rapidement une signature musicale qui lui est propre avec une voix racée peu commune en France et un saxo discret mais qui utilisé à bon escient relève les compositions du groupe comme une bonne épice bien dosée. Inutile de parler de relève : les générations de musiciens se succèdent sans cesse et apportent un vent de fraicheur qui renouvelle un air jamais vicié. C’est tout simplement une chance que de pouvoir découvrir des groupes comme EggS, et peu importe le temps que cela durera, l’essentiel est d’en profiter pleinement.

StarsFrom Capelton Hill [Last Gang Records]

Stars - From Capelton HillLes canadiens de Stars représentent depuis longtemps un aspect de la musique pop particulièrement plaisant : d’un côté une certaine exigence artistique et de l’autre l’absence de craintes ou de limites face à un succès public qu’ils touchent régulièrement du doigt. Peu connus de ce côté-ci de l’Atlantique, le groupe est issu de la nébuleuse qui gravite autour du collectif Broken Social Scene dont font partie la chanteuse et guitariste Amy Millian et son conjoint Evan Crawley. From Capelton Hill et son imagerie sépia les ramènent à un certain classicisme qu’ils avaient un peu délaissé pour consacrer leurs deux albums précédents particulièrement réussis, No One Is Lost et There Is No Love In Fluorescent Light à l’univers des années 80. Si ce huitième album fonctionne plutôt bien, il s’éloigne un peu des standards auxquels le groupe nous avait habitués et tarde quelque peu à emporter une adhésion qui ne se fera pas totalement. Ainsi va la vie des artistes qui enchainent des œuvres qui ne pourront jamais toutes se valoir et souffriront d’une façon ou d’une autre de la comparaison avec prédécesseurs et successeurs. Cela n’enlève en rien leurs qualités mais force est de constater que l’on s’attache alors un peu trop à leurs défauts.

SpiritualizedEverything Was Beautiful [Bella Union]

Spiritualized - Everything Was BeautifulPas sûr d’avoir envie d’aller chercher des noises à Jason Pierce mais c’est quand même un type qui ne manque pas de culot lorsqu’il explique en promo d’Everything Was Beautiful qu’il n’a pas peur de la retraite et arrêtera dès qu’il sentira qu’il n’arrive plus à se renouveler. Pas mal pour un type qui sort à peu près le même disque depuis 25 ans. Le dernier album de Spiritualized reprend donc les codes habituels du groupes, visuels (la pochette façon boite de médicaments) et musicaux, son blues-rock teinté de psychédélisme et de gospel, tour à tour lymphatique ou énervé, en fonction du produit consommé selon toute vraisemblance. Ceci étant posé, même si en de multiples points Everything Was Beautiful se présente comme le miroir du phénoménal Ladies And Gentlemen, We Are Floating In Space, il serait dommage de bouder le plaisir de retrouvailles avec un Jason revigoré. L’album, plus concis qu’à l’accoutumé malgré les presque 10 minutes de I’m Coming Home Again est véritablement enthousiasmant, plein de tendresse et de moments de vérité à commencer par cette incroyable déclaration d’amour qu’est l’introductif Always Together With You qui se place d’entrée dans les plus beaux sommets du groupe qui, mine de rien, en compte une belle chaine. Et quand après une telle introduction on découvre un album à l’avenant, on se dit que finalement ce gars n’exagère pas tant que ça et qu’il a encore bien des choses à nous offrir.

Los PlanetasLas Canciones Del Agua [El Ejército Rojo]

Los Planetas - Las Canciones Del AguaSe bonifier avec le temps. Voilà bien une maxime qui colle comme un gant aux vétérans andalous de Los Planetas dont les deux derniers albums, au terme d’une évolution entamée à la fin des années 2000, sont absolument magiques après des débuts laborieux, convenus et peu emballants dans les années 1990. Au sommet de son art, [Zona Temporalmente Autónoma] en 2017 et Las Canciones Del Agua à présent témoignent d’une maturité assumée, la cinquantaine bien passée, libéré des contraintes d’une industrie du disque qui avait beaucoup, trop, misé sur un groupe censé incarner la poule aux œufs d’or dans un pays bien plus réceptif que le nôtre au rock dit « indé » qui pour le coup ne l’était plus vraiment. Ici, les 12 minutes et 30 secondes de l’épique El Manantial enchainées aux 3 minutes réglementaires de la superbe balade Se Quiere Venir résument à elles seules cet esprit affranchi et engagé, parfois provocateur, mêlant sans se poser la moindre question tout un tas d’influences du rock britannique au flamenco, de la pop noisy en passant par la soul. Porté par l’emblématique J. (prononcer Jota), plus combatif que jamais dans son rôle de vieux punk anti-système insufflant à la poésie de ses textes quelques vérités bien senties, Los Planetas semble parti pour durer ainsi des années et des années, comme une façon de rattraper le temps perdu. Cette fois, on n’est pas près de les lâcher.

Lightning In A Twilight HourOverwintering [Eléfant]

Lightning In A Twilight Hour - OverwinteringQui suit et connait un peu la carrière de Bobby Wratten ne peut pas être surpris de l’évolution donnée à sa musique. Difficile de dire s’il cherche lui aussi à atteindre son Laughing Stock ou mieux, son album éponyme qu’il ne pourra de toute façon pas baptiser Mark Hollis, mais ce qui est certain, c’est que sa recherche de la plénitude musicale atteint aujourd’hui des sommets insoupçonnés. Il est loin le temps des bluettes pop signées The Field Mice même si les puristes se rappelleront que dès 1990, Bobby Wratten perturbait son monde avec un Humblebee sorti de nulle part et véritablement hallucinant. Overwintering, troisième album de sa quatrième existence musicale débutée en 2015, Lightning In A Twilight Hour, nous invite à l’accompagner dans ce cheminement musical fait de pop songs boisées, d’électricité contrôlée et d’expérimentations électroniques à la recherche de sa note bleue. Entouré de fidèles présents pour certains depuis la première heure (Michael Hiscock co-fondateur des Field Mice et Ann-Mari Davies), Bobby Wratten débarrassé depuis de longues années des contraintes de son point de vue les plus détestables (assurer la promo, tourner) se concentre sur son art, ce processus créatif qu’il pousse aux limites pour en retirer une pop parfois faussement simple, parfois d’une narration plus difficile d’accès mais qui se révèle au fil des écoutes, passionnantes. Un album fragile et gracieux, comme la tâche d’encre qui orne sa superbe pochette.

 Yann Tiersen11 5 18 2 5 18 [Mute]

Yann Tiersen - 11 5 18 2 5 18Alors qu’Emilie Quinquis, sortait avec Seim l’une des plus belles découvertes de l’année, un album d’électronique fondamentalement humaine et chaleureuse, son mari Yann Tiersen s’enfonçait lui dans un univers de plus en abstrait et radical en proposant une relecture électro de Kerber, son avant-dernier album pourtant déjà fortement influencé par les sonorités modulaires. K.11, E.5, R.18, B.2, E.5 et R.18 : vous voilà muni du code de déchiffrage d’un album aux multiples facettes. Live avant l’heure, son origine est à chercher dans les travaux de préparation du set électro sensé donné corps à l’interprétation de Kerber sur les scènes du monde entier lors de sa longue tournée 2021/2022. S’y ajoutent 2 morceaux extraits de Dust Lane, 16 1 12 5 19 20 9 14 5 (Palestine) et 3 8 1 16 20 5 18. 14 9 14 5 20 5 5 14 (Chapter Nineteen) ainsi que 13 1 18 25 (6 5 1 20. 17 21 9 14 17 21 9 19) (Mary Feat. Quinquis) extrait des Retrouvailles, morceau sur lequel Mme Tiersen s’acquitte avec grâce de la lourde tâche de suppléer la Liz Frazer du morceau original sur le seul titre chanté du disque. Si le travail sur les sonorités électroniques et les samples de ses propres parties de piano ou de violon des originaux est plutôt intéressant voire séduisant, si l’album confirme que Yann Tiersen a bien décidé de s’appliquer à se renouveler systématiquement en faisant évoluer son approche créatrice par petites touches, d’album en album, l’ensemble file tout de même un peu en pilotage automatique et reste un exercice de style autour de morceaux déjà connus comme ce fut déjà le cas avec Portrait en 2019.

DestroyerLabyrinthitis [Bella Union]

Destroyer - LabyrinthitisOn le jure, on a strictement aucune dent contre Bella Union, le label fondé en 1997 à la fin des Cocteau Twins par Robin Guthrie et Simon Raymonde, pourtant très en vue cette année mais c’est le fruit d’un pur hasard si trois de ses sorties du cru se retrouvent dans cette sélection des « loupés » de 2022. Labyrinthitis, 15ème album du prolifique crooner canadien Daniel Bejar sous le nom de Destroyer, le premier pour le label londonien, reprend les choses là où elles avaient été laissées sur Have We Met en 2020. C’est que le bonhomme est sacrément réglé comme du papier à musique au rythme d’un album tous les deux / trois ans et ne semble pas le moins du monde inquiété par un quelconque manque d’inspiration. S’il ne cherche pas particulièrement à s’éloigner de sa zone de confort, c’est qu’il a tant à donner dans son registre fait de longues chevauchées émouvantes (le magnifique It’s In Your Heart Now qui introduit l’album de la plus belle des manières), de synthpop redoutable, d’influences disco-funk parfaitement assumées et assimilées, le tout mâtiné d’une certaine emphase traduisant une ambition artistique qui ne se dément pas et que renforce cette voix chaude et détachée absolument délicieuse. Destroyer fait indubitablement partie de ces grands groupes qui tracent leur route sans trop se soucier de l’importance du succès et de l’ampleur de la reconnaissance qu’il mérite. On vous donne rendez-vous dans deux ou trois ans pour cette fois, promis, lui accorder, sauf catastrophe évidemment, toute la place qui lui est due.

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