[Playlist] – In The Trip #7

Playlist In The Trip #7Une légère bise, à peine réchauffée par de timides rayons de soleil et on s’imaginerait déjà percevoir les prémices du printemps. Pourtant, on en est à cette période-là de l’année, où on hésite encore à se projeter dans les nouveautés des mois à venir ou encore à saluer les meilleurs pourvoyeurs d’émotions de l’an dernier. Cette nouvelle sélection permet ainsi de repêcher quelques productions passées sous le radar comme les formidables The BV’s ou les deux sirènes Sacred Hearts comme de s’enthousiasmer sur les prometteurs Social Order ou la pernicieuse girlpuppy. Quand les jours commencent tout juste à s’allonger, parcourir les mondes virtuels à la recherche d’artistes qui partagent leurs émotions est un bon moyen de juguler la morosité du quotidien hivernal. Bonne écoute, bonnes découvertes.

01 – DarksoftDevil’s In The Details
Pour commencer pour une fois en douceur, relevons d’abord que Then and Now n’était pas une mignardise produite par un heureux hasard. Quelques mois après la parution de son 5éme album (en 4 ans !) relayé par Spirit Goth Records, Darksoft convertit l’essai en revenant avec un nouveau single digital tout aussi addictif. L’Américain autodidacte réalise une nouvelle merveille de bedroom-pop.

02 – girlpuppyWindow
Ce n’est pas si fréquent que le fameux label new-yorkais Captured Tracks s’entiche d’une artiste qui prend une pose de pom-pom girl dans un décor aux couleurs « pinkie », son fonds de commerce étant plutôt assuré par des types racontant plus souvent leurs peines que leurs coups d’éclat (Mac DeMarco, Wild Nothing, DIIV, Chris Cohen, etc.). Néanmoins derrière les apparences candides de ce single sucré et bien balancé, Becca Harvey alias girlpuppy laisse transparaitre une fêlure envoutante.

03 – Lots Of HandsBarnyard
Comme eux, leurs récits s’écrivent depuis le fond d’un pub et leurs chansons faites avec des mélodies chétives sentent la bière et la déprime : lots of hands évoque Arab Strap à ses débuts. Armé d’une sincérité confondante, le duo de Newcastle a réussi à séduire le label Fire Talk Records, plus habitué aux cathédrales sonores qu’aux cabanes électro-acoustiques, pour un premier album fait de pas grand-chose si ce n’est beaucoup de sensibilité.

04 – LurveEvery Dream // Every Night
Après un album aux accents anorak-pop, Lurve a pris un virage plus tata-poum qui se confirme sur un nouveau single relayé par Spirit Goth Records (décidément mon dealer préféré du moment !). Sur cette bombinette noisy qui frôle le carambolage avec sa batterie trépidante, les Russes réveillent les fantômes de Lorelei, The Ropers (pitché) voire Nord Express (sous secousses de taser).

05 – The BV’sSundays
C’est avec presque un an de retard que Taking Pictures Of Taking Pictures, le (déjà) 3éme album de The BV’s est parvenu jusqu’à nos oreilles par la magie des algorithmes. Le quatuor basé en Allemagne constitue la meilleure découverte du moment pour les nostalgiques des 90’s. Et lorsque la mélodie s’enroule sur une ligne de guitare entêtante et entêtée, comme sur Sundays, leur jangle-pop gagne encore un supplément d’âme.

06 – Pink Turns BlueBlack Swan (But I Know There is More to Life)
Pink Turns Blue œuvre dans un registre bien plus grave. Les vétérans (le groupe existe depuis 1985 !) annoncent un 14éme album dans la droite lignée de son prédécesseur. Si les Allemands sont considérés comme une référence de la scène post-punk et que transparaissent des sonorités métalliques à chaque riff de guitare, la chanson-titre de l’album progresse sans embardée mais avec une puissance inexorable.

07 – Harsh SymmetryQuiet Pills
Revoilà déjà Harsch Symmetry après un deuxième album qui tournait un peu à vide pour remettre de l’ordre dans sa synth-wave. Sur une rythmique toujours métronomique, Julian Sharwarko parvient à embarquer avec sa mélodie à tiroir et des inflexions qui piochent dans l’abécédaire Smithien. De prime abord, ça parait brinqueballant mais ça colle aux oreilles.

08 – Social OrderMiss You
A quelques encablures de là, sous le soleil de Las Vegas, Social Order balaie la morosité sur un nouveau single ultra catchy qui tabasse gentiment. La ligne de chant évolue au fil de la chanson de façon assez incroyable, gravissant des montagnes mélodiques jusqu’à basculer au sommet et de réattaquer aussi sec l’ascension suivante. On attend avec impatience la parution d’un premier album.

09 – Molchat DomaChernye Cvety (Live at Panorama)
Les lectures adolescentes ont permis de se construire un fantasme du romantisme russe. Et si la Guerre Froide a fait tomber quelques murs, la Biélorussie est au ban des Nations encore aujourd’hui. On peut dès lors continuer à fantasmer sur ce qui se passe là-bas aujourd’hui avec pour bande-son la musique de Molchat Doma. Quelques mois, après un quatrième album sur Sacred Bones qui a fait le buzz dans la goth-sphère, le trio livre une session live enregistrée sur le toit enneigé d’un hôtel américain.

10 – Sacred HeartsConcrete Bikini
Dès que les voix s’entremêlent sur fond de spirales de guitares, Sacred Hearts ravivent les souvenirs de nombreux groupes féminins des 90’s, de Belly à Lush en passant par Cranes. Pourtant les deux jeunes femmes semblent avoir tout juste vingt-ans et viennent de Brisbane en Australie. Le single est issu d’un premier ep digital, Siren Songs, regroupant 6 chansons de noisy-pop ébouriffantes qui ne s’adresse pas qu’aux nostalgiques.

11 – Minuit MachineCent Fois
Selon un sondage IPSOS-SOFRES, presque 10 % des auditeurs d’In The Trip s’adonnent au tuning et regrettent que ces compilations manquent de BPM. Il était donc temps de donner satisfaction aux amateurs d’infrabasses. Le nouveau single de la Française qui agit sous le pseudo de Minuit Machine est l’occasion de pousser les potards dans le rouge, de faire vrombir les chevaux et de chanter à tue-tête un texte à la poésie qui rappelle Requin Chagrin : « Mais cent fois je reviens vers toi / Car je ne veux pas vivre sans toi / Même si les astres nous privent de lumière / Je ne veux pas vivre sans chimère / Tu sais, parfois c’est plus facile d’y croire ».

12 – LescopMessage Acide
On ralentit le tempo et la température pour finir avec le prolixe Lescop. Après la danse extatique, on revient sur un pas chaloupé soutenu par la pulsion d’un nouveau single qui semble issu des sessions d’enregistrement de Rêve Parti si on s’en réfère au visuel qui l’accompagne (le même que l’un des meilleurs albums de 2024). Avec un texte encore une fois inspiré et inspirant, Mathieu Peudupin renoue avec la formule gagnante de La Forêt.

Écouter aussi :
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