Séance Photobombing avec LUCA Frères

Luca Frères - PhotobombingIl y a des rencontres auxquelles on ne croit pas, d’autres auxquelles on ne croit plus. Il suffira d’un dîner mondain improbable entre amis communs ne se connaissant pour parler (chose si rare, comparée au concurrent “sujet cinéma”) musique et entendre : “Mais incroyable, je suis musicien ! D’ailleurs, je suis sur un projet à l’état d’embryon avec une chanteuse, mais oublie, j’ai peur que ça te déplaise.” On ne creuse, s’en tenant à dégurgiter nos passions. ” – Tu connais ci ? – Tiens j’ai entendu celle-là, elle est super, et…”. Les mois passent, l’année file aussi. Mais en secret, un bébé s’apprête.

On ne sait plus si c’est Jean-Baptiste Brimont qui est revenu vers nous… ou plutôt nous qui insistions par curiosité, sans forcément y croire – les déceptions sont toujours probables, du moins une indifférence, la passion n’étant jamais garante d’un résultat. On opte pour notre curiosité. On voulait probablement voir un projet musical éclore en 2026 et constater ces démarchages auprès de potentiels labels, sa communication, son positionnement artistique et stratégique, bref… ses premiers pas. Et là… à l’écoute de Photobombing, ça nous pète au visage : c’est frais et lumineux, et on est étonné de se dire “cela vient de ce compositeur de variété ? je n’aurais pas cru”, tant le résultat déroge à nos attentes. Plus précisément, c’est un duo, comptant la chanteuse Agathe Lartigue : LUCA Frères. Un alias nous laissant un brin dubitatif, avant de découvrir sa signification : Libérons l’Univers des Contraintes Abêtissantes. On dit OUI à l’entreprise et réserve notre voix pour 2027. Et dire que tout cela ne tenait qu’à un fil… et quelques coups de.

L’ensemble, déjà écouté par nous, devrait sortir dans un EP en gestation. Alors on se limite aux deux singles faisant irruption sur les plateformes, en autoédition : Photobombing et Le Palais de la télé. Les premiers morceaux font office de notes d’intention… C’est gazeux et léger comme une bulle de savon, rêveur et oxygéné. Surréaliste et fantaisiste, pas loin de l’instantanéité pop d’un Comic Strip de Serge Gainsbourg, dans sa dimension pop-up et bricolage. À l’écoute de la belle voix fluette d’Agathe, on pense à L’Impératrice et sa Flora Benguigui sans minauderies. À ce que le meilleur de la pop française tendance néo-rétro a à offrir depuis Jacno, avec ce récent renouveau des Matías Enaut, Cléa Vincent ou Clio. Par sa différence générationnelle, le duo gagne en capital curiosité. Décalé, il est là pour s’amuser. Musicalement, c’est encore plus vaste : il y a ce truc typiquement ludique et rond, une électro-pop pouvant se rapprocher des textures électroniques enfantines de Lindstrøm mais aussi celles pleines de bizarreries à la Forever Pavot, JacquesDomenique Dumont et Citron Citron à la petite cuillère. Loin des bêtises de Flavien Berger et de Katerine, s’entend. À Air comme aux expérimentations du label Tricatel de Bertrand Burgalat, Isolde Lasoen. Plusieurs idées lancées comme ça. Bon, le name-dropping coule à flot et ça commence à ressembler à une de nos discussions, alors on s’épargne pour l’EP à venir.

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