
Mon agenda en termes de concerts se montre plutôt chargé ces temps-ci. Devo à New York il y a trois semaines, et Iggy Pop à Londres mercredi soir. Je précise en passant que, non, je n’ai pas gagné à la loterie, que je n’ai pas perçu d’héritage et que je n’ai pas (encore) fait fortune avec mes dessins. Le trajet en train et l’hébergement ayant été réservés avant même le voyage pour New York, j’ajoute par ailleurs que se faire inviter par l’Iguane est, en plus d’être un honneur et un bonheur, un allègement pour le budget.
Rendez-vous donc dans la capitale anglaise, au superbe Alexandra Palace, situé sur les hauteurs de Muswell Hill, terre natale de Ray et Dave Davies. Étant sortie un peu tard, j’ai manqué la première partie assurée par Joe & the Shitboys et Bob Vylan, deux groupes apprécies par Iggy entendus de temps à autres dans son émission de radio sur la BBC. Deux formations au rock plus bourrin que punk que je ne suis pas mécontente d’avoir raté.
Les choses sérieuses commencent à 21h. Iggy Pop arrive sur scène, comme à l’accoutumée, torse nu (faut-il encore le préciser?) entre course et sautillements. Ni une, ni deux, ses musiciens attaquent TV Eye. L’Iguane ayant l’habitude de régulièrement changer de musiciens lors de ses concerts hors-album, c’est donc à un nouveau backing-band auquel nous avons droit. Constitué de deux guitaristes, une bassiste avec une coupe au bol brune (ou un carré ?), un claviériste, un costaud batteur noir et de cuivres (une trompette et un trombone). Mais pas de saxo, malgré les nombreux titres issus de Funhouse joués ce soir.
Ce set londonien est en effet composé à trois-quarts de titres des Stooges, pour notre plus grand plaisir: I got a right, Raw Power, Gimme Danger, une version musclée de I’m sick of you, Loose, 1970, I wanna be your dog (seul titre provenant du premier album), Search and destroy, et Death trip.
La suite de la setlist est une sorte de mini best-of de ses années berlinoises: The Passenger, Some weird sin, Lust for life, puis Nightclubbing à peine entamé pour laisser place à un morceau de son dernier album: Modern day rip-off. Egalement issu de cet opus et joué ce soir, le grossier Frenzy. Mais l’avantage avec la scène, c’est que même des titres moins appréciés sonnent bien en concert.
Pendant ce temps, Iggy continue à faire ce qui l’a rendu célèbre: il se déhanche, se tortille, traînant avec sa démarche si particulière, se met au sol et chante allongé, avant de s’asseoir en parlant au public. Peu bavard mais pas avare de gros mots: Fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck !
Pour des raisons évidentes, plus de plongeon dans le public (une pratique qu’il a inventée en 1970), mais cela n’empêche pas les bains de foule: Iggy Pape serre des mains, il a notre bénédiction.
Viennent ensuite le génial I’m bored, autre classique en solo de l’Iguane, la reprise du titre rockabilly fifties Real Wild Child de Johnny O’Keefe, qui a renfloué ses caisses au milieu des années 80, et enfin un titre tout à fait bienvenu et moins entendu sur scène: Funtime, issu de The Idiot.
Salutations et remerciements au public avant un final en apothéose: Iggy sortant de scène…dans un cercueil roulant ! Les mauvaises langues voient un sombre présage, les nerds du rock voient un clin d’oeil à Screamin’ Jay Hawkins, d’autres voient simplement un bon trait d’humour noir. Mais avant tout et surtout, nous avons vu ce soir un grand et mémorable concert d’un artiste qui l’est tout autant et qui n’a rien perdu de sa superbe.
We had a real cool time tonight.
Voir cette publication sur Instagram
Lire aussi :
Les Instantanés d’Imara #20
Les Instantanés d’Imara #19
Les Instantanés d’Imara #18
Les Instantanés d’Imara #17
Les Instantanés d’Imara #16
Les Instantanés d’Imara #13
Les Instantanés d’Imara #11
Les Instantanés d’Imara #10
Les Instantanés d’Imara #9
Les Instantanés d’Imara #8
Les Instantanés d’Imara #7
Les Instantanés d’Imara #6
Les Instantanés d’Imara #5

