Slove qui peut : la recette du succès enfin révélée !

Slove - Le touchOn avait failli mourir de désir il y a 7 ou 8 ans quand on avait découvert le clip d’un de leurs premiers morceaux Flash. Et on avait rougi d’envie devant l’efficacité redoutable de leur premier album, pas payé en retour par un succès immense. Mais ce n’est que partie remise. Au rang de nos plaisirs coupables, dansants et hédonistes, français Monsieur ou s’en approchant, Slove tient la corde depuis longtemps. Ce n’est pas le genre de choses qu’on avoue en public mais la réunion de Julien Barthe et du franco-suédois le plus cool d’Europe, Leo Hellden, fait partie des choses auxquelles on n’a jamais pu résister et qui nous emmènent pourtant à des encâblures de ce qu’on écoute d’habitude : des musiques plombantes chantées par des gens tristes ou qui ont raté leur vie.

On se fout complètement de ce que Slove raconte et on n’est même pas certain, après avoir lu les paroles de Open Up The Sky dans le clip qu’on ait tellement envie de se pencher là-dessus. Avec le renfort de John and The Volta, le duo livre un titre irrésistible, dansant et ultraséduisant de synth-electro-pop ou de dance nostalgique qui rappelle un brin New Order, Plastic Operator et quelques autres groupes des années 80 capables de mêler des sonorités commerciales avec une véritable intention pop. C’est en effet la mélancolie qui se dégage du morceau qui en transfigure la portée, faisant de cette composition répétitive et d’une belle lisibilité une chanson émouvante et juste.

Le deuxième morceau de l’album, Ce soir je m’en vais, met en avant la chanteuse Maud Geffray, et est tout aussi irrésistible. Le groupe y mêle une pulsation qui rappelle le battement érotique de I Want Your Sex, le titre de feu George Michael, à une basse qu’on croirait héritée d’un disque de Tristesse Contemporaine, l’un des deux autres groupes majeurs (avec Camp Claude, dont on reparlera bientôt) auxquels participe Leo Hellden. Le garçon est passé maître, semble-t-il, dans la composition de séquences, pas  nécessairement très mélodiques, qui brillent par leur efficacité rythmique. L’esthétique est soignée et les castings vocaux sont particulièrement réussis, dégageant, presque à chaque fois, un effet érotique très puissant. Slove fonctionne à la manière de Black Box Recorder en son temps, avec une forme de perversion inoffensive dans les arrangements, cette idée que les chanteuses de passage seront croquées vivantes par les beats et les arrangements du duo. C’est cet effet « chaperon rouge » (et ce n’est pas une référence au capuchon du clip) qui attire l’attention et rend tout cela tout à fait fascinant.

L’album est sorti il y a quelques jours. Il s’appelle Le Touch, un titre qui laisserait penser (on suppose que la photo de couverture est une vue arrière de la crinière de Leo Hellden !) à un CD lounge à la branchitude suspecte, mais on peut y aller les yeux fermés pour montrer à ses amis qu’on est pas un triste sire, animer un karaoké cocaïné ou un before pour losers partouzards.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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