
Ça sentait bon l’été, ses grandes migrations, ses festivals ensoleillés, ses tournées-vacances et ses attachés de presse qui en profitent pour se refaire la cerise. Et comme toujours, c’est passé vite, bien vite et nous voici de retour sous la grisaille de septembre avec cet été qui peine à jouer les prolongations malgré les quelques jours qu’il nous doit encore. Tout ce qui devait être annoncé l’avait été avant de faire les valises mais c’était sans compter sur quelques exceptions qui n’hésitent pas à sortir des nouveaux titres en pleine canicule comme si de rien n’était alors que le petit monde des musiques indés se prélasse en pleine torpeur. Retour donc sur un été de singles pas tous forcément clippés. Foutus Visualizers…
Wavepool – Tiny Cowboy
C’est ce qu’on appelle un sens du timing : alors que l’été était précocement brulant (souvenez-vous), qui n’aurait pas rêvé d’une belle piscine à vague ? C’est ce que proposait en tout début d’été Wavepool, jeune groupe de Rouen formé l’an passé et qui sort son tout premier single sur l’invité permanent de ces pages, Howlin’ Banana. Le clip bout de ficelle fabriqué à base d’images retrouvées dans un caméscope chiné est lui aussi une petite merveille de fraicheur, film de vacances aux Maldives dont les images collent parfaitement aux vagues lascives de guitares noisy qui balayent ce titre qui semble écrasé par la torpeur mais fait en réalité office d’une boisson fraîche que l’on avale par petites gorgées, histoire de bien faire durer le plaisir. Le shoegaze des rouennais est formellement impeccable et laisse présager d’une suite à guetter avec attention.
Michel Cloup – La Honte
Malgré les vacances, la sortie d’un nouveau single de Michel Cloup et ses acolytes au beau milieu de l’été aurait pu être un événement suffisamment marquant pour nous faire nous lever de notre drap de plage mais il n’en a rien été. La raison ? Très probablement pas mal de circonspection face à un morceau pour le moins déroutant. Ce que l’on adore depuis toujours chez le toulousain, c’est sa capacité à ne jamais choisir entre son écriture et ses compositions, entre le fond et sa forme sauf qu’ici, non seulement il se braque sur la plus exposée des ambulances, cible trumpienne tout en facilité dont il reprend la symbolique casquette ici maculée de ketchup ou de sang, cela revient au fond à peu près au même en détournant le fameux slogan devenu Make Shame Shameful Again, ce qui donne à peu près ça comme uniques paroles du titre ;
Rendre la honte à nouveau honteuse.
Et puis c’est tout. Le mantra est un peu faible, mais à dessein : comme pour l’absence de clip, à chacun de se faire sa propre idée ; il suffit après tout de ne fouiller que quelques minutes dans l’actualité. Pourquoi pas d’autant que, musicalement, c’est pour le coup à une bonne grosse claque qu’on a de nouveau droit, pleine d’inventivité et de surprises au tournant. C’est tellement rugueux et abrasif qu’à chacune des premières écoutes, on a parfois le sentiment d’entendre un nouveau titre, La Honte révélant au fil des écoutes ses faces cachées. Trois ans après un Backflip Au Dessus Du Chaos déjà impressionnant, le nouvel album de Michel Cloup ne manquera certainement pas de nous retourner le cerveau, une fois encore. ça tombe bien, Ici d’Ailleurs, le label nancéien nous apprend ce vendredi qu’il s’appellera Catharsis En Pièces Détachées, qu’il sortira en novembre et sera comme attendu, « zéro tiédeur, 100% chaos ».
Studio Electrophonique – Too Many Lonely Nights
Posez un téléphone à la pomme à un bout d’une piscine, celle de Bramley Bath à Leeds et combinez les images avec l’un des morceau les plus chill de cette rentrée et vous obtenez le clip très « bath » de Too Many Lonely Nights, nouvel extrait de l’album éponyme de Studio Electrophonique qui sortira le 26 septembre sur le label parisien Valley Of Eyes Records. Si le projet a un petit air de francophilie, il est en réalité celui de James Leesley, musicien de Sheffield déjà auteur de deux EP pour le moins remarqués sur le label liverpuldo-parisien Violette Records co-fondé par Michael Head. Too Many Lonely Nights est un de ces titres conduit par une boite à rythme oldschool qui claque paresseusement son tchack-tchak lancinant avec grâce tandis que guitares et orgues vintage rivalisent de mollesse. C’est tout simplement superbe, quelque part entre un Mazzy Star langoureux et un Spiritualized en pleine descente, en véritable cousin anglais de Beach House. Autant vous dire qu’on a beau la prendre en route, on va suivre cette histoire de près.
Hydroplane – Houdini’s Plane
C’est la surprise de fin d’été, malgré un léger teasing hivernal du côté de Melbourne : le retour de l’un des plus beaux joyaux australiens, Hydroplane, 24 ans après leur dernier album, The Sound Of Changing Place. Si la surprise est belle, la musique n’a pas pris une ride et les trois-quarts des mythiques Cat’s Miaow n’ont de toute évidence nullement l’intention de révolutionner leur pop ambiante et électronique. Tout au plus, la voix de Kerrie Bolton a pris un peu de grain avec l’âge et des années de chant en tant que mezzo-soprano sur toutes les scènes d’opéra du pays. Mais pour le reste, Houdini’s Plane, ce premier extrait de A Place In My Memory Is All I Have To Claim qui sortira le 31 octobre reste fidèle aux principes musicaux que s’imposent depuis toujours Bart Cummings et Andrew Withycombe : de l’humilité, de la simplicité et une économie de moyens qui ne peut que rendre service à cette musique de l’âme, profondément humaine. L’été n’est même pas terminé que nous voilà à attendre la Toussaint avec grande impatience.
Lightning In A Twilight Hour – There’s More To Life Than Crooks
Attention, Hit Alert ! ça a beau faire des décennies que l’on suit les aventures musicales de Bobby Wratten, on n’est jamais à l’abri de se faire attraper par une de ces chansons magnifiques sont il détient indubitablement le secret. Pourtant, Bobby n’est jamais aussi bon que quand il enfile ses chaussons les plus confortables et c’est finalement sans surprise que l’on pourrait reprendre mot pour mot notre papier sur le single The Circling Of The Seasons qui annonçait la sortie de son bientôt avant-dernier album. Sauf que là où l’on regrettait un certain manque d’entrain qui finira par se sentir sur l’ensemble d’un Overwintering manquant un peu de personnalité, There’s More To Life Than Crooks est une pure petite merveille réunissant de nouveau le trio magique qu’il forme avec Annemari Davies et Michael Hiscock, soit les Field Mice, pour faire court. Et si on en est à convier le passé, c’est que tout ici converge vers une certaine idée de la perfection que pouvait incarner un single comme Missing The Moon d’autant qu’Eléfant, le label madrilène qui héberge dorénavant la discographie du discret musicien, sort le single en maxi 2 titres, (presque) comme à l’époque donc, l’éthique tarifaire de Sarah records en moins. Le single canon et sa face B comme souvent ambiant et méditative annoncent un album qui sortira en novembre prochain et dont nous reparlerons très certainement.
Pi Ja Ma – 18h37
C’est toujours un vrai plaisir de retrouver Pi Ja Ma (Pauline de Tarragon à la ville) en chanson. La jeune avignonnaise met cette fois-ci un peu de Brésil dans sa composition et chante avec douceur la fin d’une journée estivale, ce moment où l’on rentre d’une après-midi gorgée de soleil pour se débarrasser du sel et croquer dans une petite fraise molle.
Auteure-compositrice-interprète et illustratrice, Pi Ja Ma réalise le clip qui accompagne ce morceau peut-être annonciateur d’un nouvel album.
Dorothée De Koon – Pas poser la tête
Voici une chanson extraite d’une très jolie compilation initiée par Mercredi sur la Lune, à laquelle participe Dorothée De Koon, actrice belgo-allemande un peu trop rare en musique.
L’artiste raconte au travers de Pas poser la tête, une délicate chanson piano-voix, l’attente d’une maman dont la petite fille ne parvient pas à trouver le sommeil.
Miki – particule
Voici la plus belle galoche de l’été. Elle est prodiguée par Miki à son Spider Man dans les allées d’un célèbre parc d’attractions.
La chanson s’appelle particule et figurera sur le premier album de la jeune artiste. Celui-ci est nommé Industry Plant (c’est ainsi qu’on la qualifia il y a quelques temps) et qui paraîtra début octobre.
Crédit photo : capture d’écran du clip de Miki

